Homélie du dimanche 15 février 2026
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Dernière mise à jour : il y a 2 jours
La révision de sa vie est nécessaire pour discerner si notre attitude priante ne devient pas un obstacle dans la marche vers la sainteté.
Publié le 15 février 2026 par Michel Durand
« Il n’a commandé à personne d’être impie » (Si 15, 15-20)
(Ps 118 (119), 1-2, 4-5, 17-18, 33-34) Heureux ceux qui marchent suivant la loi du Seigneur !
« La sagesse que Dieu avait prévue dès avant les siècles pour nous donner la gloire » (1 Co 2, 6-10)
« Eh bien ! moi, je vous dis »de ne pas jurer du tout, ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu, ni par la terre, car elle est son marchepied, ni par Jérusalem,(Mt 5, 17-37)

L’Évangile de ce jour est abondant. Il ne suffit pas d’en avoir écouté la proclamation. Prendre, personnellement, le temps de lire ce que Matthieu transmet, noter sur une feuille ou, mieux encore, dans un cahier, ce que nous percevons des paroles du Christ serait assurément plus profitable. Je vous, je nous invite à le faire et, dans le cadre de l’année Antoine Chevrier - bicentenaire de sa naissance (1826) - il y aura certainement, l’opportunité d’une ample étude d’Évangile comme on dit au Prado. Notez personnellement ce que nous percevons de Jésus afin de le mettre en pratique.
Vous connaissez l’envoi en mission de chaque eucharistie : « allez dans la paix du Christ - par toute votre vie glorifiez Dieu. Cet envoi suscite une prière :
« Seigneur, que toute ma vie soit un témoignage de ta gloire. Accorde-moi la grâce de vivre dans la lumière de ton amour, et que chaque moment soit offert en communion avec toi. Que l’Eucharistie nourrisse mon cœur et guide mes pas.»
C’est le psaume 118 :
« Heureux ceux qui marchent suivant la loi du Seigneur ! »
Dans son enseignement Jésus veut accomplir tout ce qui a été dit dans les temps anciens. Vivre selon la volonté de Dieu, le Créateur de tout. Suivre sa Loi, son Évangile (Bonne Nouvelle).
Mais voilà, il y a une loi qui enferme et une Loi qui ouvre. C’est cela que nous sommes invités à regarder de près afin de nous libérer de toutes formes d’enfermement. Je vais provoquer : il y a une forme de piété qui enferme. Un exemple. Dans le bâtiment église, disons qu’il n’y a pas d’eau dans le bénitier. Est-ce que cela va m’empêcher d’entrer pour vivre la prière à laquelle je suis appelé ? Mettre un absolu sur cette eau pour faire le signe de croix c’est mettre absolument du sacré là où il n’y en a pas. Dans ce cas, le sacré tue la sainteté à laquelle nous sommes appelés.
Voici un autre fait. Je continue de provoquer. Dans certaines églises catholiques (toujours le bâtiment), les femmes sont interdites de sanctuaire. Le sanctuaire est l’espace qui entoure l’autel, symbole du Christ. Il y a alors les enfants de chœur, des garçons, servants d’autel, et des filles, servantes d’assemblée. Dans ce contexte, ne sommes-nous pas prisonniers d’habitudes qui deviennent autant rigides que la loi des scribes et des pharisiens interrogées par Jésus ?
« Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. »
J’ose insister : il y a un regard sacré dans la quête religieuse qui devient obstacle à la sainteté. Ainsi, sacraliser la prière, la rendre immuable, ne jamais l’interroger n’est-ce pas un obstacle à une réelle union à Dieu ?
« si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. »
La révision de sa vie est sans cesse nécessaire pour discerner si notre attitude priante ne devient pas un obstacle dans la marche vers la sainteté. Je dois être honnête. L’orientation de cette réflexion puise sa source dans la lecture de textes de Jacques Ellul que je fais avec des amis. Jacques Ellul est de l’Église réformée calviniste. Il interroge la société du XXe siècle qui a trop fait confiance aux autorités en place, aux pouvoirs techniques. Il ouvre les portes d’une profonde réflexion concernant l’écologie. Il place la marche vers la sainteté en se protégeant des abus du sacré, du dogmatisme. Ethique de la sainteté et La subversion de christianisme sont les deux ouvrages qui alimentent ma méditation. Je suis également influencé par le père Antoine Chevrier lorsqu’il dit, par exemple : « Le luxe et la richesse, dans un religieux ou dans un prêtre, sont le scandale des peuples, la ruine des âmes et le plus grand obstacle au salut pour les autres et pour eux-mêmes ». (Ms XII, p. 243 (V.D., p. 250).
Nous avons à nous convertir. Sans cesse la prière nous conduit à la sainteté. Et celle-ci n’est vraiment possible qu’avec un profond attachement à Jésus-Christ.
Antoine Chevrier ne s’est réellement converti à Dieu qu’en prenant conscience, un soir de Noël, devant la crèche, que Dieu, fatigué de voir qu’Israël n’écoutait pas les prophètes, décida de venir lui-même, en Jésus afin de nous parler de Lui.
Le carême donnera l’occasion de cheminer avec le fondateur du Prado pour nous plonger en Christ. Voir sur de le site de l’Église à Lyon.
Michel Durand




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