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Homélie dimanche 7 décembre 2025 – 2ème Avent A

« Nous qui attendons que se réalise cette bienheureuse espérance : l’avènement de Jésus Christ, notre Sauveur.” Vous connaissez cette nouvelle traduction liturgique de la prière qui suit le Notre Père, ce qu’on appelle une embolie, pour développer la prière dominicale. La citation vient de la lettre à Tite au chapitre deuxième, ce qui au passage nous rappelle combien les textes de prière de la messe sont souvent pris dans la Bible. En cette année du Jubilé de l’espérance, alors que nous sommes entrés dans l’Avent et que nous veillons en marchant vers la joie de la Nativité, nous nous tenons devant Celui qui est au cœur de la foi, Jésus-Christ notre Sauveur. La deuxième lecture de Paul aux Romains nous le présente comme « le serviteur des juifs en raison de la fidélité de Dieu, pour réaliser les promesses faites à nos pères », et Paul rajoute que par sa miséricorde, les nations rendent gloire à Dieu. Jésus, serviteur des juifs qui ont cru en lui, comme il est aussi le serviteur de ceux qui n’ont pas adhéré à sa personne. Et Jésus, accueilli par les nations par pure grâce…

Le mystère d’Israël et le mystère de la miséricorde divine qui s’étend à toutes les nations… Ce sont les prophéties d’Isaïe qui prennent chair dans l’histoire des hommes pour que se construise un monde nouveau dans le désarmement de toutes formes de violences et de divisions, car « il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte ». C’est la bienheureuse espérance d’un monde renouvelé par Celui qui vient et sur qui repose « l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur. » L’embolie liturgique du Notre Père que je citais en commençant débouche justement sur une doxologie qui chante la gloire de Dieu, le Dieu de la persévérance et du réconfort, et s’ouvre ensuite dans l’échange de la paix, la paix qui nous permet de nous accueillir les uns les autres, selon l’épitre aux Romains, quelles que soient les différences qui pourraient nous conduire à la division. Car la paix, c’est quelqu’un ! C’est le Prince de la Paix qui se donnera sous la forme d’un petit enfant nu dans la paille de la crèche. C’est le Seigneur des univers qui, au terme de l’histoire, intronisera pour nous son Royaume de Paix. Quand nous partageons ce geste de paix, comme nous le ferons tout à l’heure, nous n’oublions pas qu’au-delà de nos seules résolutions personnelle et autres engagements pour vivre paisiblement ensemble, y compris au sein de nos assemblées chrétiennes, c’est d’abord Quelqu’un qui se donne à travers nous pour que cette paix impossible aux hommes devienne la lumière de midi ! Notre bienheureuse espérance, c’est ce Quelqu’un dont la prière nous dit qu’il est notre Sauveur. Celui qui nous salue, comme il a salué Marie par la voix de l’ange Gabriel. Celui qui nous sauve du péril de la mort sous toutes ses formes possibles. Celui pour qui Jean Baptiste appelle à la conversion pour qu’advienne en nous la vie de Dieu, non comme une récompense mais comme le projet éternel de Dieu pour ses créatures. La conversion est parfois un véritable retournement dans nos vies. Quand on a été saisi par Dieu, est-il possible de ne rien changer de sa vie ? Est-il possible de ne pas rayonner un peu de cette miséricorde ? Notre bienheureuse espérance, à l’école du cousin de Jésus, c’est le cœur large de Dieu qui nous invite à avoir le nôtre proche de lui ; c’est aussi que Dieu nous demande d’entrer dans son projet de salut pour les autres et pour le monde et qu’il ne le fera pas sans nous ! Il nous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu, pour consumer les germes d’orgueil et d’hypocrisie du pharisien qui sommeille toujours un peu en nous. Car il vient, Celui que notre bienheureuse espérance attend !

Bernard Vignéras

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