Homélie de Daniel Montoya - 30 août 2026

Le portement de croix de Jérôme Bosch (vers 1450 - 1516)
La foi coûte, parfois fait peur (croix, moqueries, rejet), mais Dieu ne laisse pas tomber : il transforme le cœur.
Frères et sœurs,
Dimanche dernier, Jésus nous posait la question de confiance : « Pour vous, qui suis-je ? » Et Pierre, qui le reconnaît « Fils du Dieu vivant », a aujourd’hui beaucoup de mal. Jésus n’est pas en train de parler « pour faire joli ». Il ouvre un mystère. Il commence à parler de sa route vers Jérusalem : la souffrance, la croix, le rejet… et au bout, la résurrection. On comprend Pierre. Pierre ne veut pas ça. Il voudrait que tout ça n’arrive pas. Il voudrait une route sans croix. Alors Jésus répond avec force, pas pour l’écraser, mais pour remettre les choses à leur place. Ce n’est pas la volonté des hommes. C’est la volonté de Dieu, plus profonde que nos peurs. Et puis Jésus explique ce que ça veut dire pour ceux qui veulent le suivre : Renonce à toi-même, prends ta croix et suis-moi. Autrement dit : suivre Jésus, ce n’est pas juste croire en lui quand tout va bien. Il ne s’agit pas seulement d’obéir à des règles. Il s’agit de se laisser transformer. Mon cœur choisit Dieu, même quand c’est dur.
Parce que c’est exactement ce que vivent les textes aujourd’hui.
Dans la vie de tous les jours, on a des moments où on peut faire le « bon choix ». L’autre jour, pendant la pause déjeuner, quelqu’un dit une blague méchante sur un autre collègue. J’aurais pu rire comme tout le monde pour être « cool ». Mais moi, je ne ris pas, je sens que ce n’est pas juste. Et vous, vous faites quoi ?
Dans la 1re lecture, dans Jérémie, c’est très proche. Quand il annonce la parole de Dieu, les gens se moquent, on se moque de lui. Et même s’il voudrait se taire, il découvre que la parole de Dieu le prend au cœur. Ce n’est pas qu’une image « poétique ». La Parole de Dieu le pousse, elle le purifie, elle le traverse. C’est dur à vivre !
Dans le psaume, la soif, ce n’est pas de la théorie : c’est ce qui surgit quand on ne peut plus faire semblant. La terre aride, sans eau… et pourtant la prière insiste : Dieu est mon refuge, Dieu est mon secours, Dieu me soutient. Quand tout me paraît sec, mon cœur choisit Dieu, même quand c’est dur.
Et Paul, dans sa lettre aux Romains, ajoute une clé : ne vous contentez pas de « tenir bon ». Pour tenir dans la durée : « Laissez-vous transformer en changeant votre façon de penser. » Autrement dit, quand ça devient compliqué, ce n’est pas d’abord son statut, sa réputation ou l’avis des autres qui doivent décider. C’est la volonté de Dieu. Au lieu d’éviter la croix, on doit penser autrement : Qu’est-ce qui plaît à Dieu ? Qu’est-ce qui est bon ?
Dans l’Évangile, ce mystère devient pratique, Jésus dit : Qui veut sauver sa vie, il la perdra ; mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. Perdre sa vie… Ce n’est pas mourir « pour rien ». Ça ne veut pas dire se faire du mal. Ça veut dire : on cesse de se sauver soi-même, on laisse Dieu nous trouver, on apprend à vivre non pas pour accumuler, mais pour aimer. Et là… on découvre que l’amour ouvre une vie qu’on ne pouvait pas imaginer. Mon cœur choisit Dieu, même quand c’est dur.
Ce n’est pas une promesse que tout sera facile. C’est une promesse que, quand on aura mal, quand on se sentira seul, quand on sera traité différemment… on n’est pas abandonné. Dieu donne sa force. Alors aujourd’hui, Jésus nous demande de prendre une décision simple, mais pas toujours confortable : au prochain moment où on hésite entre « faire comme les autres » et « faire ce qui est juste »… on choisit Dieu.
Amen.





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