Homélie de Daniel Montoya - 11 octobre 2026

Homélie 261011 A XXVIIIe Ordinaire Matthieu 22, 1-14
Frères et sœurs,
Aujourd’hui, l’évangile de Saint Matthieu nous plonge dans une parabole étrange.
Et les autres textes aussi nous disent autrement quelque chose de fort :
Dieu donne un avenir comme une fête, où il efface la mort et les larmes, conduit à une paix profonde, et invite chacun à répondre à sa grâce.
Ici, Jésus parle du Royaume des Cieux comme d’un roi qui prépare une noce.
Il invite Il appelle. Et pourtant… certains refusent.
Et l’évangile finit de manière brutal : peu d’élus.
On sent tout de suite que cette histoire, ce n’est pas juste pour expliquer. C’est une invitation à entrer dans un mystère.
À première vue, on pourrait croire que tout tourne seulement autour de l’accueil de Dieu. Mais aujourd’hui, je voudrais qu’on l’entende autrement … à travers un mot simple : mère.
Dans la parabole, le roi prépare tout : le banquet, la salle, la joie.
Or, quand on pense à une mère, on pense souvent à anticiper, organiser, veiller sur tous.
Bien sûr, Jésus ne dit pas mère. Mais il décrit quelque chose de très proche :
une volonté de donner la vie, la joie, d’appeler pour rassembler, pas pour écraser !
Et ça nous dit : Dieu n’est pas un roi distant : Il prépare et il appelle, comme une mère qui ne veut pas que ses enfants passent à côté de la joie.
Même quand on a refusé. Dieu continue de nous inviter.
Et pourtant… nombreux sont ceux qui disent non.
Et ça, c’est bien réel. On peut être au courant… Connaître le message…
et pourtant refuser… par indifférence, par peur, ou par désintérêt.
On trouve des excuses. On reste enfermés dans “notre champ”, “notre commerce”.
Et parfois ce « non » ressemble à quelque chose de très banal :
Je suis « trop éloigné » Je ne suis pas fait pour la foi. Je suis trop occupé.
Et on peut penser aussi à une blessure très humaine :
Quand une personne qu’on aime appelle… et qu’on ne répond pas.
Quand une mère dit : Viens, et que l’enfant dit non.
Ce n’est pas seulement de l’orgueil. C’est une rupture.
Et parfois… le refus devient plus grave.
Comme dans l’Évangile : certains vont jusqu’à maltraiter les serviteurs.
Alors là, Jésus nous dit : attention.
Quand on méprise l’invitation de Dieu, on peut déformer son cœur et abîmer les autres.
Et oui, comme une mère appelle, Dieu appelle pour rassembler, pas pour écraser !
C’est peut-être là que se comprend le passage du vêtement de noce :
ce n’est pas d’abord une question de vêtement. C’est une question de cœur.
Le vêtement, c’est la disposition intérieure : vouloir changer, même un tout petit peu.
Jésus parle de la manière d’accueillir la grâce.
Cette partie dérange, parce qu’on a l’impression qu’il faut être prêt de façon parfaite.
Mais si on garde notre mot mère alors on peut comprendre autrement.
Le vêtement de noce exprime :
je viens, je reconnais la fête,
je m’ajuste, je me mets en disposition pour vivre les rencontres.
Une mère, quand elle prépare quelque chose pour sa famille, n’attend pas forcément la perfection.
Elle attend la présence la reconnaissance l’accueil.
Alors ce qui compte,
c’est vouloir laisser la grâce me rejoindre là où je doute, là où je me ferme, là où je fais semblant.
Dieu ne veut pas seulement une présence de l’extérieur.
Il veut que l’on accepte de se laisser rejoindre.
Encore aujourd’hui, Jésus nous invite à répondre, en entrant dans la vie de Dieu.
Et maintenant quand j’entends le mot mère, j’entends :
Dieu veut être pour moi comme quelqu’un qui
me cherche,
me relève
me remet debout,
avec tendresse, vérité et patience, avec un cœur qui ne refuse pas l’appel,
avec un cœur qui se laisse transformer… pour entrer dans la fête.
Ainsi, Dieu appelle pour rassembler, pas pour écraser peut devenir une prière.
Amen.





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