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Homélie de Michel Durand - Dimanche 17 mai

Visage de Jésus par Rembrandt


« Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière » - Ac 1, 12-14

J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants - Ps 26,

« Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous »- 1 P 4, 13-16

« Père, glorifie ton Fils » - Jn 17, 1b-11a

 

L’Évangile selon Jean nous rapporte la prière de Jésus.

Regardons-le : « il leva les yeux au ciel » - l’évangéliste rapporte le dernier dialogue de Jésus à son Père, Dieu. L’heure est venue.

En ce jour, je ne peux entendre cette Parole sans laisser venir à moi les drames des guerres qui visent l’anéantissement des très faibles au nom d’un pouvoir impérial, théocratique. Je vois de nombreuses familles déplacées à causes de la destructions de leur lieu de vie.

Face aux pouvoirs romains, l’espérance des Judéens était tournée vers l’heure de l’intervention définitive de Dieu. Jésus est arrivé à cet instant. L’heure n’est plus à l’horizon de ses actions. Elle est là en sa présence. Il la reconnaît et l’accueille délibérément. Il sait qu’elle est le moment de sa glorification. Il sait également que la glorification s’opère à travers l’obéissance parfaite, par amour, au sein de la croix. Obéissance qui consiste à ne pas se dérober devant les événements, si cruels soient-ils.

Dieu, le Créateur, ne serait pas Dieu sans la crucifixion. Le mystère de Dieu, sa gloire, passe par la Croix. Mais, insistons aujourd’hui sur la gloire. Deuxième lecture.

« Mes bien-aimés, puisque vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera. »

 

Une gloire que nous souhaitons partager.

La meilleure image que j’ai trouvée pour accompagner la méditation sur ces lectures bibliques c’est celle de l’enfant qui a reçu un cadeau. Ce cadeau lui fait tellement plaisir qu’il s’adresse à tout le monde, à des gens connus ou inconnus pour leur dire « regarde monsieur, regarde madame ce que mon papa  (ma maman) m’a donné ».

Les apôtres, dynamisés par le don reçu, remercient Dieu et ils n’ont pas honte d’en parler. Voici l’exemple de Philippe.

Philippe, étant descendu dans la ville de Samarie, y prêcha le Christ. Les foules tout entières étaient attentives à ce que disait Philippe.Ac. 8,5

Les autorités juives (avec le pouvoir romain) ayant persécuté les disciples jusqu’aux frontières de la Judée, ceux-ci fuirent à l’étranger. Philippe se trouve en Samarie. Ce qu’il a reçu et reçoit du Christ lui apporte tellement qu’il proclame spontanément la grandeur du ressuscité. Le don immense que le maître de l’univers lui a fait par la médiation du Sauveur Jésus ne peut-être que communiqué.

Dans cet enthousiasme de la communication, la foi ne peut qu’être présente. Celui (celle) qui proclame que Jésus est sauveur, et que l’on a tout à gagner en le suivant, n’a pas d’autres convictions que celle de la foi. Le propre de la foi est de ne pas contraindre. Parmi ses disciples, certains doutèrent. Celui qui confesse sa foi sait très bien qu’il ne peut évacuer toute forme de doute. Souvent nous posons la question de la réalité de la vie éternelle. Impossible d’y répondre avec une certitude claire sur « la qualité », la teneur de cette éternité.

La vie éternelle c’est qu’il te connaisse toi Dieu créateur et sauveur du monde par ton Fils Jésus qui est désormais ressuscité.

Nous affirmons cette vérité avec les arguments de la foi qui laissent toute liberté d’adhérer ou de ne pas adhérer. Philippe agit de la sorte. Il proclame ; certains adhèrent, d'autres non.

Nous aussi nous proclamons que le Christ est notre sauveur. Nous avons tellement reçu de lui que nous ne pouvons le garder pour nous.

J’ai ressenti cette nécessaire annonce, mercredi dernier au cercle de silence en soutient à tous les migrants, en dialoguant avec un jeune algéro-mauritanien interpellé par les pancartes et le silence des manifestants. Ayant lu les panneaux, le tract, pris par le silence, la concentration de ces manifestants, il me parla de François d’Assise, de l’universelle fraternité humaine, du respect de tous, de l’importance des droits humains fondamentaux.

[Voir sur mon blogue une autre rencontre à propos de ce cercle de silence.]

 

Comme les chrétiens de l’époque de Pierre, nous sommes invités à rendre compte de l’espérance qui est en nous.

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