4ème dimanche de Carême
- F. Roche - Administrateur site

- il y a 8 heures
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David reçoit l’onction comme roi d’Israël (1 S 16, 1b.6-7.10-13a)
Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer. (cf. Ps 22, 1)
« Relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera » (Ep 5, 8-14)
« Il s’en alla et se lava ; quand il revint, il voyait » (Jn 9, 1-41)

Assurément nous connaissons bien cet évangile. Ce que je souhaite en dire est archi connu, banal, entendu plus de mille fois. Comment mettons-nous en pratique la Parole de Dieu ?
Serions-nous aveugle, nous aussi ?
C’est la question, me semble-t-il, que nous pouvons (devons) nous poser en cette période d’élections locales. Je m’adresse aux adultes ; et aussi aux mineurs qui se préparent à devenir électeurs, citoyens à part entière. Et à ceux qui ont « des papiers » permettant d’être électeurs, électrices. Nous le savons, ces élections municipales se tiennent les 15 et 22 mars, en même temps que les élections métropolitaines. Grâce à la réforme du 11 août 2025, la ville de Lyon organise trois scrutins distincts pour chaque électeur : - Ville (Conseil municipal et Maire) - Arrondissement (Conseil d’arrondissement et Maire d’arrondissement) - Métropole (Conseil de la Métropole et Président‑e de la Métropole). Chaque électeur reçoit trois bulletins (une couleur par scrutin) qu’il glisse dans trois urnes différentes, mais dans le même lieu de vote. Les bulletins sont déposés après avoir signé la liste d’émargement correspondante. Voilà ce que m’a indiqué le moteur de recherche de mon ordinateur.
Assurément, vous vous demandez pourquoi je parle ainsi, pourquoi je m’occupe de la vie municipale alors que nous sommes en Église ? Et bien, tout simplement parce que l’Évangile du Christ concerne toute la vie… telle qu’elle se passe dans la rue, ou à la maison, ou au travail, ou dans divers loisirs etc…
Regardons Jésus. Il sort du Temple, maison de Dieu. Dans la rue, il voit un aveugle de naissance. Il ne peut pas passer devant lui sans être touché par son mal-être. Assurément, un dialogue s’est produit. Jésus a pu lui demander son nom depuis combien de temps, il fait la manche, que souhaite-t-il vraiment ?
Et Jésus, selon les pratique de son temps - celles des guérisseurs (thaumaturge) - agit pour que l’aveugle de naissance trouve la vue. La thaumaturgie est, dans le domaine religieux, le fait de faire un miracle, une guérison.
Il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle… Va te laver à la piscine de Siloé… Quand il revint, il voyait.
Et tout cela se passe en public.
ceux qui l’avaient observé dirent alors : « C’est lui. »d’autres disaient : Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. »
Mais lui disait : « C’est bien moi. »
Jésus prend soin des personnes, des gens qu’il rencontre sur son chemin. Et, nous le savons, notre engagement de disciples du Christ, de chrétiens nous convoque à faire de même. Faire le bien autour de soi. Répandre l’amour, la concorde, la fraternité. S’organiser avec d’autres personnes pour que la société où nous vivons entretiennent pleinement toutes formes d’humanité. La vie municipale pour laquelle nous sommes invités à voter, à différents nivaux, est concernée par cette philosophie vitale. Je cite Fratelli tutti, lettre de François de Rome publiée le 3 octobre 2020, « “ les croyants ont besoin de trouver des espaces où discuter et agir ensemble pour le bien commun et la promotion des plus pauvres. Il ne s’agit pas de vivre plus light (léger) ou de cacher les convictions qui nous animent afin de pouvoir rencontrer les autres qui pensent différemment. […]
Parce que, plus une identité est profonde, solide et riche, plus elle tendra à enrichir les autres avec sa contribution spécifique ”. En tant que croyants, nous nous trouvons face au défi de retourner à nos sources pour nous concentrer sur l’essentiel : l’adoration de Dieu et l’amour du prochain, de manière à ce que certains aspects de nos doctrines, hors de leur contexte, ne finissent pas par alimenter des formes de mépris, de haine, de xénophobie, de négation de l’autre ».
Le regard porté pendant ce carême vers Antoine Chevrier nous aide à revenir à la source : Oui, la parole divine que nous entendons est destinée à être mise en pratique. C’est pour cela que l’évangéliste Jean cite cette tranche de vie de Jésus. C’est à cet exemple que nous nous référons dans notre vie ordinaire, que nous soyons électeurs ou candidats à l’élection selon les modes de la vie municipale.
« Crois-tu au Fils de l’homme ? »
« Tu le vois, et c’est lui qui te parle. »
« Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant lui.
Michel Durand




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