Homélie de César Baldi - 31 mai 2026
- F. Roche - Administrateur site

- il y a 3 heures
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Réflexion sur les lectures du dimanche et le mystère de la Trinité
Je trouve bizarre le choix des lectures de ce dimanche : l'expérience de Moïse n'a rien à voir avec la Trinité, l'Évangile ne parle pas de l'Esprit Saint et le passage que nous avons lu de la deuxième lettre aux Corinthiens n'est rien d'autre que la formule de bénédiction qui termine cette lettre.
CCC 237 (Catéchisme de l'Église Catholique) : La Trinité est un mystère de foi au sens strict, un des « mystères cachés en Dieu, qui ne peuvent être connus s'ils ne sont révélés d'en haut » (concile de Vatican I : DS 3015). Dieu certes a laissé des traces de son être trinitaire dans son œuvre de Création et dans sa Révélation au cours de l'Ancien Testament. Mais l'intimité de Son Être comme Trinité Sainte constitue un mystère inaccessible à la seule raison et même à la foi d'Israël avant l'Incarnation du Fils de Dieu et la mission du Saint-Esprit. |

L'icône de la Trinité d'Andreï Roublev
C'est vrai que nous ne connaissons que le 4-5 % de l'univers visible, donc forcément l'invisible est encore plus caché. Mais c'est aussi vrai qu'il y a des traces... forcément il y a des traces, car s'il n'y a avait pas des traces nous n'aurons pas eu la possibilité d'en parler.Je vais donc vous proposer quelques traces que je trouve intéressantes :
la doctrine de la Trinité s'est développée dans l'église au quatrième siècle et cristallisée dans le credo de Nicée-Constantinople (325-381). Elle est imbibée de philosophie grecque avec des notions qu'au jour d'aujourd'hui ne nous disent rien du tout : nature, personne, substance... c'est pire que la physique quantique.
Je trouve qu'il y a une trace fondamentale dans l'Évangile de Jean 17, 21-23 : Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu'ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m'as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, pour qu'ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu'ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m'as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m'as aimé.
À partir de cette trace, nous pouvons en tirer une autre, toujours dans les évangiles Marc 10, 6-9 (Mt 19, 4-6) : Au commencement de la création, Dieu fit l'homme et la femme. À cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a uni.
Troisième trace, pour boucler la boucle : saint Paul aux Éphésiens (5, 31-32) : C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et les deux ne feront qu'une seule chair. Ce mystère est grand ; je le dis en référence au Christ et à l'Église.
On peut en tirer la conclusion que le lien entre le Fils et le Père se mêle avec les liens humains et entre le Christ et l'église et en plus que le couple humain est plus proche au mystère de la Trinité, au moins pour ces trois raisons :
ils fusionnent dans une entité que n'est pas seulement la somme de deux individualités, mais forme quelque chose de différent,
cette entité - et seulement cette entité - est capable d'engendrer la vie, de dépasser soi-même pour créer, pour donner naissance à la vie, pour se pérenniser. [Note manuscrite: icône de la Trinité]
l'unité mise en place par le couple humain devient le paradigme de la communion ecclésiale capable de constituer une entité collective particulière (la communauté) qui devient capable de se multiplier dans la mesure où elle maintient l'unité entre ses membres.
Deux références pour ceux et celle qui veulent développer leurs idées sur le sujet :
J. Ratzinger, Introduction au christianisme, et Raimon Panikkar, La Trinité : une expérience humaine primordiale




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