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Homélie de Michel DURAND, dimanche de la Trinité : 3 et 4 juin 2023

Dernière mise à jour : 8 juin 2023

Homélie de Michel DURAND, dimanche de la Trinité : 3 et 4 juin 2023


« Le Seigneur, le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux » (Ex 34, 4b-6.8-9)

À toi, louange et gloire éternellement ! (Dn 3, 52)

« La grâce de Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit » (2 Co 13, 11-13)

« Dieu a envoyé son Fils, pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jn 3, 16-18)

Nous bénéficions ce dimanche de la Trinité de textes courts. Profitons-en pour bien voir ce qu’ils ont à nous dire et surtout, pour prendre les moyens de les mettre en pratique.

Nous savons ce que dit l’évangile selon Matthieu :

Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. (7,21)

Quelle est la volonté de Dieu Trinité ?

Il souhaite que nous nous reconnaissions tel que nous sommes : un peuple à la nuque raide, disposé à accepter qu’il pardonne nos fautes et nos péchés, afin de faire de nous son héritage. S’il en est ainsi, Lui, Dieu très haut, marchera au milieu de nous. Nous reconnaissons qu’il est LE SEIGNEUR.

LE SEIGNEUR ! Il n’y a pas d’autre maitre que LUI.

Dieu Trinité agit ainsi parce qu’il aime le monde entier et veut le sauver.

Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas.

Cela mérite bien une profonde prosternation. Quand le pain, le vin, corps et sang eucharistique du Christ, sont élevés au-dessus de l’autel, nous n’inclinons pas seulement notre tête. C’est le corps tout entier qui se prosterne pour signifier combien est grand notre Dieu-Trois personnes : Père, Fils, Esprit.

Aussitôt Moïse s’inclina jusqu’à terre et se prosterna.

Dieu fera de nous son héritage.

Nous ? de qui s’agit-il ? Assurément de l’ensemble de l’humanité. Je site François de Rome dans la lettre encyclique Fratelli tutti :

« Pour les chrétiens, les paroles de Jésus… impliquent qu’il faut reconnaître le Christ lui-même dans chaque frère abandonné ou exclu (cf. Mt 25, 40.45). En réalité, la foi fonde la reconnaissance de l’autre sur des motivations inouïes, car celui qui croit peut parvenir à reconnaître que Dieu aime chaque être humain d’un amour infini et qu’« il lui confère ainsi une dignité infinie ». À cela s’ajoute le fait que nous croyons que le Christ a versé son sang pour tous et pour chacun, raison pour laquelle personne ne se trouve hors de son amour universel. Et si nous allons à la source ultime, c’est-à-dire la vie intime de Dieu, nous voyons une communauté de trois Personnes (Dieu-Trinité), origine et modèle parfait de toute vie commune ».(85)

Certes, la lettre de Paul aux Corinthien (deuxième lecture) s‘adresse à des croyants en Christ.

« Soyez d’accord entre vous, vivez en paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous ».

Mais il me semble ne pas me tromper en affirmant que cette bonne entente entre les membres de la communauté, l’Église, n’est qu’un point de départ en vue d’un amour universel, amour de tous les humains et de la Terre. Aimer d’un amour chrétien, c’est montrer beaucoup d’amour (ἀγάπη - charité), avoir une haute estime pour autrui. L'amour divin le plus complet est sans limite ; gratuit, il est fait d'estime (exigence), d'affection (compagnonnage), de charité (miséricorde). Amour plénier qui trouve sa place entre l'estime profonde et l'oubli de soi.

Pensant à la liturgie eucharistique, François, le mercredi 31 mai 2023, place Saint-Pierre a dit : « Je peux dire le Credo par cœur, toutes les choses auxquelles nous croyons, mais si votre (notre) vie n'est pas conforme à ce que vous professez (nous professons), cela ne sert à rien ».

Concrétisons

Ces derniers temps, divers sondages parlent de la communauté des chrétiens catholiques comme étant située à droite de l’espace politique. Je trouve étrange cette façon de voir. Le critère de discernement, d’évaluation ne devrait pas être celui de l’échelle du parlement mais celui de l’Évangile. L’observation des crises présentes : écologies, déchets alimentaires, déchets plastiques, déchets industriels, sécheresse, incendies d’une part ; conflits sociaux, guerres, fermeture des frontières d’autres part, etc… invitent à changer de modes de vie. Comment, nous qui nous disons disciples du Christ, nous qui sommes d’Église, convertissons-nous, modifions-nous nos existences pour qu’adviennent plus de respect d’autrui, et de protection de la Terre ? Comment agir pour que la paix advienne au sein des conflits existants ? Ce n’est pas la croissance économique qui devrait l’emporter mais l’Humain, à commencer par les plus pauvres. Où est la bonne position ?

- Depuis l’automne 2022, des militants chrétiens exhortent la Conférence des évêques de France à prendre clairement position contre la construction d’un oléoduc de TotalEnergies en Ouganda.

- Des évêques se sont publiquement exprimés, sans engager la parole d’une institution divisée sur la manière d’agir sur ces sujets complexes, note le quotidien La Croix du 25 mai 2023.

Le Seigneur est au milieu de nous. Il nous invite à la conversion de nos façons de vivre. Pour répondre à cet appel je ne vois pas d’autres moyens que la révision de nos habitudes. Et sous mode de parabole je dépose cette question : depuis que Ville de Lyon a déposé dans ce quartier des bornes à compost, comment agissons-nous avec nos déchets alimentaires ?

Ne faudrait-il pas créer des petits groupes pour échanger et s’entraider à réussir dans les nécessaires changements de mode de vie, sans avoir peur d’être au ras des pâquerettes ? Autrement dit, j’invite à entrer dans le label « Église verte ».

Je pense que c’est un chemin apte à répondre à l’attente de Dieu-Trinité qui veut le bonheur de tous.

Dieu a envoyé son Fils dans le monde,non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.


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