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Homélie de Bruno Millevoye, fête de l’Epiphanie, 7 janvier 2024

Dernière mise à jour : 12 janv.


Nous nous interrogeons à chaque fête de l’Épiphanie sur l’existence ou non des mages devenus rois avec le temps, prénommés dans la tradition Gaspard, Melchior et Balthasar. Nous nous demandons si leur visite a une quelconque réalité historique. Tout cela nous met dans l’embarras. Pour nous en sortir, nous nous disons : Un petit coup de merveilleux et revenons aux choses sérieuses.

Je vous propose de prendre le contre-pied de cette façon de penser en laissant de côté les questions et en posant une affirmation : Les mages venus d’Orient existent et ils existent aujourd’hui dans notre environnement proche. La seule question qui vaille est de les trouver, d’aller à leur recherche comme ils se sont mis à la recherche du roi des juifs.

Pourquoi nous mettre à leur recherche ? Parce que nous aurons de nouveaux amis. Quoi de plus important que l’amitié. Parce qu’en recherchant cette amitié, nous serons enrichis.

Qu’est-ce que ces mages ont de si extraordinaire ? Rien qui ne nous soit impossible.

Ils cherchent alors qu’ils pourraient avoir de bonnes raisons d’en rester à ce qu’ils savent. Cette recherche non seulement les met en route mais les fait sortir de chez eux sans oublier leurs racines : « Ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. »

Ils regardent le monde : « Nous avons vu son étoile à l’Orient. ». Ce regard ne cesse de s’affuter et les conduit à la joie.

Ils ont conscience que quelqu’un est plus grand qu’eux. Ils se prosternent non pas devant Hérode, figure de la puissance et du pouvoir, mais devant un enfant qui a comme seule protection sa maman.

Ils sont généreux, donnent ce qu’ils ont de plus précieux : « L’or, l’encens et la myrrhe. »

Ils font cela gratuitement. Ce qu’ils ont reçu dans cet échange reste leur secret.

Qu’est-ce qui leur permet de se comporter ainsi ? Rien qui ne nous soit impossible.

Ils sont au clair sur leurs intentions : « Nous sommes venus nous prosterner devant le roi des juifs. » Cela leur permet de partir, d’arriver et de repartir. Quand nous agissons, quand nous revendiquons, quand nous affirmons peut-être pouvons-nous réfléchir sur nos intentions. Sans mentir, ce que nous disons n’est parfois qu’une part de ce qui nous conduit à dire ce que nous disons. Nous avons tous des intérêts cachés. Ce n’est pas un mal. Ce qui peut conduire au mal, c’est de ne pas en avoir conscience. Plus exactement, c’est de ne pas vouloir en avoir conscience. Le mal absolu, c’est de mentir sciemment sur nos intentions réelles. Hérode est la figure de ce mal. Tout ce qu’il fait ou dit est en fonction d’un objectif caché, celui de préserver son pouvoir. Ce mal conduit au malheur.

Les mages au contraire, c’est mon deuxième point, ont un rapport sain au pouvoir. Ils en ont mais ce pouvoir est au service de l’intention qu’ils ont clairement exprimée. Là encore, Hérode est l’antithèse des mages. Il est esclave de son attachement au pouvoir. Cet attachement le fait dériver. Dans une vie de chrétien, il est bon d’examiner le rapport que nous avons au pouvoir. Tous nous avons du pouvoir. Quel est-il ? Comment je l’exerce ? Comment il favorise des relations entre personnes justes et vraies…

Un troisième et dernier point. Les mages, a priori, sans savoir à l’avance ce qu’ils vont trouver, sont attachés à la parole de Dieu, ce qu’ont dit les prophètes : « Car voici ce qui est écrit par le prophète. » Sans cette parole, sans cette source, ils ne pourraient pas aller au bout de leur course.

Trois points donc : clarifier nos intentions, examiner notre rapport au pouvoir, écouter la Parole de Dieu. Trois attentions qui nous permettent de rejoindre les mages mais aussi de devenir des mages.

C’est la petite idée plus ou moins cachée qui a conduit mon homélie. Tous, nous pouvons être des mages. Chacune et chacun d’entre nous peut être un mage pour l’autre. Nous pouvons être des mages ensemble. L’évangile ne précise pas leur nombre. Ce que nous partageons quoi qu’il en soit est la conviction que celui qui rend possible cette belle histoire, qui est notre histoire, est le roi des juifs, l’enfant, Jésus-Christ.

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