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Homélie de Bruno Millevoye, 13e dimanche du TO : 30 juin 2024


Homélie de Bruno Millevoye, 13e dimanche du temps ordinaire, 30 juin 2024

Une guérison miraculeuse suscitera l’intérêt. Nous pourrions imaginer que la guérison de la petite fille fasse la une des journaux. Est-ce que celle de la femme qui perdait son sang aurait eu le même traitement médiatique ? Et puis qu’est-ce qui serait mis en avant ? La guérison ou la personne qui est guéri ?

Je continue ma réflexion. Une guérison peut susciter notre attention mais au point de départ, il y a un appel à l’aide, une personne qui crie au secours. Quelle attention avons-nous pour les personnes qui font entendre leur détresse ? Il ne peut y avoir de guérison que si j’ai entendu, vu, prêté mon attention puis agi…

Dans l’évangile de Marc, pour ne m’en tenir qu’à lui, il y a d’autres guérisons.

La première est celle d’un homme à l’esprit impur qui vocifère ? Quand quelqu’un vocifère dans la rue, quelle est notre réaction ?

Ensuite, devinez qui Jésus guérit ? La belle mère de Pierre. Je fais un peu d’humour, mais imaginez Pierre rapportant à ses amis que Jésus a guéri sa belle-mère… »

Plus sérieusement, ce sont ensuite des malades, des démoniaques qu’on emmène à Jésus en nombre. Quelle considération notre société a pour les malades, les démoniaques ? Font-ils la une des journaux ?

C’est ensuite un lépreux. Sa guérison n’est possible que parce que Jésus s’est approché de lui. La lèpre n’existe plus dans nos pays. Elle existe ailleurs malheureusement. Cependant, est-ce que nous nous approchons des personnes gravement malades ? Bien simplement, est-ce que nous visitons nos amis atteints d’une maladie grave ?

Dans l’évangile, c’est ensuite un paralysé qui est guéri. Il ne l’aurait pas été si 4 personnes n’avaient pas saisi son brancard pour le faire passer par le toit.

En vous disant tout cela, où est-ce que je veux en venir ?

A ceci. S’il y a des guérisons, c’est parce que Jésus se soucie des personnes qui appellent à l’aide et qu’il ne fait aucune discrimination entre ces personnes. C’est particulièrement évident dans l’évangile de ce jour. Jésus va autant s’occuper d’une petite fille que d’une femme. Les deux récits s’entrelacent comme les brins d’une corde nous apprenant à nous soucier des autres sans discriminer personne.

Cet apprentissage nous est proposé sans violence, par petites touches successives. Il nous est seulement demandé d’être attentif. Ce n’est pas toujours vrai, mais c’est souvent ainsi que la Parole de Dieu nous touche comme le souffle d’une brise légère.

C’est un chiffre qui nous prend la main. 12, l’âge de la petite fille et le nombre d’années de souffrance de la femme. Elles n’ont pas le même âge mais toutes les deux sont désignées comme des filles par le même mot grec : « thugater ».

Elles n’ont pas la même maladie mais toutes les deux sont sauvées et reçoivent donc le même salut de Dieu.

Jaïre tombe aux pieds de Jésus pour lui demander de guérir sa fille. La femme fait de même pour dire la vérité. La même attitude donc à l’égard de Jésus.

Celui-ci lie la guérison de la femme à sa foi et demande à Jaïre de croire. Il lui demande de ne pas avoir peur. La femme sera prise de peur. Dans les deux cas, la foi et la peur s’affrontent. Au bout du compte, la foi gagne.

La petite fille est cachée, inactive, la femme active, au premier plan. C’est un homme de premier plan, Jaïre, un des chefs de la synagogue qui se met au service de sa fille cachée. Et il attend parce que la femme n’a pas attendu. Mais peu importe. Jésus lui dira : « Ma fille, ta foi t’a sauvé. » Il dira à la petite fille : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » Talitha koum.

Toutes les deux ont la possibilité de donner la vie. Celle que la femme n’avait plus la possibilité de donner en raison de sa maladie. Celle que la petite fille pourra donner à l’avenir.

Mais en quoi ce que je vous partage a à voir avec une première communion ?

Communion, c’est le contraire de la discrimination. Communion, c’est ce que Jésus nous enseigne par ces actes quand il se soucie de tous ceux qui viennent à lui sans faire de différence entre les personnes. Communion, c’est un même pain pour tous qui est fait de tous nos actes même ceux qui n’étaient pas toujours vrais, pas toujours justes mais que nous offrons à Jésus pour être nourris de sa façon d’être et d’agir. Communion, c’est un pain qui porte le secret dont il ne faut pas parler, la façon de faire de Jésus. Pourquoi demande-t-il de ne le faire savoir à personne ? Parce que la publicité donnée à une guérison peut susciter l’émotion mais nous faire oublier l’action, l’attention nécessaire et la responsabilité que nous avons d’entendre et de voir ceux qui appellent à l’aide. Ce n’est pas toujours facile. C’est la raison pour laquelle nous communions le plus souvent possible et ainsi être nourris de ce secret qui nous sauve, la façon d’être et d’agir de Jésus.

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