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Homélie de Bruno Millevoye, 12e dimanche du T.O.: 23 juin 2024





Homélie de Bruno Millevoye, 12e dimanche du temps ordinaire, 23 juin 2024

Quand je lis ces textes et que je lis le commentaire des personnes qui ont préparées la messe, le mot qui ressort : la tempête et l’angoisse qu’elle provoque qui renvoie aux tempêtes de notre monde.

Il y a une autre tempête, cachée, dans les lectures de ce jour. Celle de Job ? Non, celle de Paul. Quand il écrit sa lettre aux Corinthiens, il n’est pas en très grande forme : 2Co1, 8 : « Nous ne voulons pas vous le laisser ignorer, frères : la détresse que nous avons connue dans la province d’Asie nous a accablés à l’extrême, au-delà de nos forces, au point que nous ne savions même plus si nous allions rester en vie. » Le mot détresse revient 8 fois. Donc grosse déprime.

C’est dans ces circonstances que Paul nous demande de ne plus avoir les yeux centrés sur nous mais sur le Christ, celui qui est mort pour tous.

Ce décentrement, cette conversion, cette prise de conscience, cette décision, nous pouvons l’appeler la foi. La foi nous décentre de nous-même pour nous centrer sur le Christ.

C’est par l’Ecriture, l’évangile que nous pouvons apprendre à connaître et reconnaître le Christ et ainsi nourrir notre foi. Or, c’est la provocation mais aussi la grâce de la Parole de Dieu de ce dimanche, que de nous faire entendre un récit dans lequel les disciples à qui nous pouvons nous identifier ont à faire à un Jésus qui dort.

Ils ont, à l’exemple de Paul, choisit de centrer leur vie sur le Christ. Or, non seulement, il dort quand ils appellent aux secours mais il fait tomber le vent d’un mot, ce dont ils ne sont pas capables. Et ils ont droit à des reproches : « N’avez-vous pas encore la foi ? »

Il y a un choix à faire. Soit on se dit que ces histoires sont à dormir debout et on ferme le livre. Soit, on reste convaincu que ce récit est la Parole de Dieu et on se laisse faire.

Si on se laisse faire, qu’on fait confiance donc, que se passe-t-il ?

D’abord on commence par se rappeler que celui qui dort est en pleine action. Il dort mais il a décidé de passer sur l’autre rive et pour cela de monter dans la barque. Il est en route, il agit. Simplement, la nuit, il dort. Ce qui est une bonne leçon pour chacun de nous. De même que ne pas avoir une vision instantanée de la réalité mais une vision d’ensemble. L’instantanée : Jésus dort. La vision d’ensemble : le même est en plein mouvement, déterminé à passer d’une rive à l’autre.

Ensuite l’inaction de Jésus provoque trois questions qui sont liées à l’attachement des disciples à Jésus. C’est parce qu’ils ont la foi, parce qu’ils pensent que Dieu ne sommeille pas comme le dit le psaume qu’ils interpellent Jésus et lui font des reproches : « Cela ne te fait rien ? »

C’est la première question. Une question qui ressemble à nos questions de maman, de papa, de citoyens, de chrétiens : pourquoi Dieu reste-t-il indifférent à nos difficultés ? La foi n’est pas un objet fini. Elle est ce mélange de questions et de réflexions qui nous permettent de suivre le Christ dans son mouvement.

Il y a ensuite la question de Jésus : pourquoi êtes-vous si craintifs ? Il est intéressant de noter qu’il vient de faire la démonstration de sa puissance que seul Dieu possède. Lorsqu’il ajoute : « N’avez-vous pas encore la foi ? » n’est-ce pas pour les convaincre de le suivre, pas pour qu’il en reste à ce signe…

Et la troisième question, la deuxième des disciples, entre eux : « Qui est-il ? »

Cette question n’est possible que parce que Jésus a posé un geste de puissance que seul Dieu peut poser. Ce qui veut dire que si notre foi a besoin d’un questionnement, elle a besoin d’affirmation. César, il y a quelques dimanches nous a parlé du dogme. Qu’est-ce qu’un dogme ? Une affirmation de foi. Que j’accepte. Cette affirmation qui est celle de Paul : « Celui qui est mort et ressuscité » est nécessaire. Celui sur lequel je centre ma vie est Dieu car seul Dieu est capable faire tomber le vent en disant seulement « Silence, tais-toi. »

C’est autour de cette affirmation que nos questionnements légitimes pourront s’articuler et rendre notre foi vivante, capable d’accompagner notre existence. Entre questionnement, réflexion, affirmation, décision et action, il y a une articulation à trouver.

Le Christ est mort et ressuscité pour que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes mais sur lui. L’évangéliste Marc rapporte l’événement de la résurrection du Christ ainsi : « 05 En entrant dans le tombeau, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc. Elles furent saisies de frayeur. Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé 06 Mais il leur dit : « Ne soyez pas effrayées ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici… 07 Et maintenant, allez dire à ses disciples et à Pierre : “Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l’a dit.” »

C’est ce mouvement, cet élan qui devient possible quand la peur est vaincue par la confiance que l’équipe d’animation paroissiale et moi-même cherchons à favoriser. Nous l’avons signifié dans un signet qui vous sera distribué à la fin de la messe : « Oser se déplacer, toujours se rassembler. »

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