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Homélie de Michel DURAND, jeudi de l’Ascension, 9 mai 2024


Homélie de Michel DURAND, jeudi de l’Ascension, 9 mai 2024

Catholicité. L’Église est sacrement universel de salut. Il importe de voir comment : être dans le monde, dans son siècle et en Dieu trinité.




Photo de agustindiazg sur Unsplash

  • « Tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva » (Ac 1, 1-11)

  • Dieu s’élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor (Ps 46)

  • « Parvenir à la stature du Christ dans sa plénitude » (Ep 4, 1-13)

  • « Jésus fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu » (Mc 16, 15-20)

 

Allez dans le monde entier !

Nous évoquons souvent cette évidente mission. Nous prions souvent pour nous ressourcer, nous alimenter auprès du Christ Jésus afin d’être rendus forts, capables d’apporter la Bonne Nouvelle à tous. La rencontre eucharistique nous envoie dans le monde : « Allez en paix, glorifiez le Seigneur par toute votre vie ».

Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé.

Mission universelle, catholique. Il est question de rendre aimable, le Christ, l’Église. Il est question d’être poche des personnes rencontrées, d’avoir leur odeur comme nous l’évoquons avec la parabole du bon pasteur.

 Il est question d’annoncer et de donner la joie, le bonheur de vivre, la plénitude. Il est question d’accomplir le bien autour de soi :

… d’expulser les démons ; d’imposer les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien.

Certes, il faut regarder le Christ en levant les yeux vers le ciel. Il importe de louer le Créateur, de le contempler dans son immensité afin de le remercier du don de sa création, la Maison commune, la Terre et tous ses habitants, les animaux et les humains. Mais il importe, en même temps, de protéger toutes les créatures. L’Église est sacrement universel de salut. Il importe de voir comment.

Je dirais, une image, que nous devons utiliser nos deux mains. Une main tendue vers Dieu, Père, Fils, Esprit. Une main agissant au milieu des gens. Prenons le langage du concile Vatican II, Lumen Gentium : 

Le Christ est la lumière des peuples… Alors, il importe d’annoncer à toutes les créatures la bonne nouvelle de l’Évangile, de répandre sur tous les hommes la clarté du Christ qui resplendit sur le visage de l’Église (cf. Mc 16, 15).

L’Église est dans le Christ comme un sacrement, un signe, un instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain.

Pour atteindre cette universalité, également appelée catholicité, il convient de regarder de près notre engagement politique. Dans Fratelli tutti, pape François, je cite le N° 154 :

Une meilleure politique, mise au service du vrai bien commun, est nécessaire pour permettre le développement d’une communauté mondiale, capable de réaliser la fraternité à partir des peuples et des nations qui vivent l’amitié sociale. Au contraire, malheureusement, la politique prend souvent aujourd’hui des formes qui entravent la marche vers un monde différent.

Pie XI (1922) disait : « La politique est la forme la plus haute de la charité »

Je rappelle ce passage de Fratelli tutti bien évidemment en pensant aux élections européennes du 9 juin 2024. Notre engagement chrétien y est concerné.

Dans les premiers temps de l’Église, il ne fut pas évident de prendre conscience de cette universalité. À Jérusalem, 1er siècle après Jésus-Christ, certains disciples du Christ voulaient enfermer l’Évangile, dans la culture religieuse du premier testament. C’est Paul, le dernier des apôtres, qui, grâce à un coup de pouce de l’Esprit Saint, arriva à dépasser les craintes des premiers chrétiens.

Ils imposeront les mains aux malades (juifs et païens) et les malades s’en trouveront bien.

Le Seigneur Jésus… fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.

Une main tendue vers le ciel. Une autre en direction de la terre, prompte à accomplir de nombreux signes. Et le Christ est là, toujours avec nous jusqu’à la fin du monde.

Faire le bien autour de soi et jusqu’à l’autre bout du monde.

Pour terminer je cite Jean-Marc Aveline, évêque à Marseille : « Même si les disciples ne sont que deux ou trois réunis en son nom, le tout qu’est Dieu se trouve au milieu d’eux, non pas pour qu'ils s’en contentent, mais pour qu'ils n'aient pas peur de révéler aux hommes de toutes cultures, de toutes langues et de toutes religions, que leur désir le plus profond provient de l'amour que Dieu leur porte, avant même qu'ils ne le connaissent. C'est cela que l'Église appelle “catholicité”. » (Dieu a tant aimé le monde, p. 125).

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