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Homélie de Michel DURAND, 5e dimanche du temps ordinaire, 3 février 2024

Dernière mise à jour : 10 févr.


Je ne compte que des nuits de souffrance (Jb 7, 1-4.6-7)

Bénissons le Seigneur qui guérit nos blessures ! (Ps 146, 3)

Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! (1 Co 9, 16-19.22-23)

Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies (Mc 1, 29-39) Photo : Le Christ guérissant des malades / Christ heilt die Kranken. Rembrandt van Rijn (1606-1669)

Notre présence à l’eucharistie dominicale nous aide à mieux comprendre le désir de Dieu sur nos existences. En conséquence, il importe de bien regarder ce que nous vivons, le comprendre du mieux possible afin de discerner comment concrétiser la Parole divine dans nos vies. Et nous ne pouvons observer notre vécu personnel, en tenir compte, sans prendre le temps de connaître ce qui se vit autour de nous. Cela est souvent difficile. Comment comprendre le vécu des agriculteurs quand, urbains, nous ne sommes que les bénéficiaires de leurs travaux ? Comment ajuster rentabilité agricole et soucis d’écologie ? Comment communier avec les familles qui subissent les destructions de la guerre quand nous savons que nos productions industrielles profitent du commerce des armes ?

Je pourrais multiplier les exemples. Nous pouvons tous alimenter cette observation et donner le témoignage de ce qui ne va pas. La première lecture ouvre un éventuel échange.

« Comme le manœuvre qui attend sa paye, depuis des mois je n’ai en partage que le néant, je ne compte que des nuits de souffrance ».

Je prends le récit de Job et en fait une invitation à regarder ce qui se vit afin de discerner le chemin humain à prendre.

« Dieu guérit les cœurs brisés et soigne leurs blessures », chante le psalmiste.

Oui, à l’eucharistie dominicale, nous puisons dans la force de Dieu afin de répondre aux demandes, aux besoins des humains, de tous les humains. Et c’est à ce niveau que je nous invite à regarder les actualités du Monde, afin de discerner ce qui doit, ou devrait, advenir.

Dans son intention de prière pour ce mois de février, François de Rome souhaite que les fidèles prient et s’engagent pour les malades en phase terminale et leurs familles. Il importe de leur apporter le soutien psychologique, humain et spirituel indispensable. Nous parlons de soins palliatifs et non d’euthanasie.

ou d’aide active à mourir. Oui, notre attachement au Christ, ressourcé à chaque eucharistie, nous invite à ne pas suivre éventuellement un chemin devenu légalement possible. Je n’en dis pas plus tout en soulignant que, chrétiens, nous avons sans cesse besoin de nous réajuster à la volonté de Dieu et que, pour cela, la désobéissance civile peut devenir inévitable.

Que fait Jésus ? Il n’est pas seul. Son existence est communautaire. Le petit groupe - des frères de sang, des voisins - prend logement dans la famille de Simon. À Capharnaüm l’évangéliste en parle d’abord dans la synagogue puis chez Simon. Les archéologues disent que la synagogue était proche de la maison de Simon. Sa belle-mère est malade. Première tâche : guérir cette personne. Ceci fait, elle sert à manger au groupe de Jésus qui commence sa mission. Prière (à la synagogue) et action (à la maison auprès des gens, des malades).

« Le soir venu, après le coucher du soleil, on amenait à Jésus tous ceux qui étaient atteints d’un mal ».

Puis de nouveau prière. Mais cette fois, prière intime, solitaire, loin des gens. Un dialogue avec Dieu, le Père. Il importe de se mettre à l’écart pour dialoguer longuement avec le Créateur. Être dans un lieu désert. Cela peut être un coin de son appartement.

Enfin, interrogé par autrui - ici Simon et ceux qui étaient avec lui, le petit groupe des disciples/apôtres - Jésus, dans le but de ne pas demeurer dans l’entre soi, décide d’aller dans d’autres lieux.

« Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. »

Deux missions s’accomplissent : chasser le mal, la maladie, les démons et annoncer la Bonne Nouvelle du salut offert par Dieu, le Créateur. Bienfaisance et enseignement.

En fait (rêvons), je vois bien Jésus et les disciples dialoguer avec des manifestants dans leur demande de plus de vérité, d’égalité, de paix, de liberté, de fraternité. Se mettre à l’école de l’Évangile, être disciples du Très-Haut, c’est accepter l’invitation d’être avec le très bas pour que le Monde ait la Vie.

Voici le témoignage de Pierre-Yves Loanec, fondateur des Bureaux du cœur. Il transforme, le soir, des bureaux en hébergement d’urgence. « Pour lui, cette aventure est avant tout “un concours de circonstances” sans doute lié… à l’éducation catholique reçue de ses parents, qui l’a “ouvert à l’idée qu’il fallait regarder autour de soi”. Il… n’a pas inventé le concept des Bureaux du cœur. Il rappelle avec sourire que, “par le passé, on hébergeait déjà les gens dans les fermes, on a juste urbanisé le concept” » (Lire tout l’article de La Croix)

Disciples missionnaires nous agissons pour que la Vérité soit rendu à Job. Et je pense à l’abbé Pierre. Ce jeudi 1er février fut le 70e anniversaire de l’appel en faveur des sans-logis diffusé en 1954 par Radio Luxembourg. Le journal La Croix, parle du triste anniversaire.

 

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