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Homélie de Michel DURAND, 28e dim. du TO, 15 octobre 2023

Dernière mise à jour : 22 oct. 2023


« Le Seigneur préparera un festin ; il essuiera les larmes sur tous les visages » (Is 25, 6-10a)

J’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours (Ps 22, 6cd)

« Je peux tout en celui qui me donne la force » (Ph 4, 12-14.19-20)

« Tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce » (Mt 22, 1-14)

Écouter l’Évangile et mettre en pratique ce qui est entendu. Voilà l’essentiel de la Révélation de Dieu. Matthieu, 7,21.24, l’exprime ainsi :

« Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux…. Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc ».

Nous venons à l’eucharistie dominicale pour entendre ce que Dieu, le Christ nous dit afin de vivre conformément à ce que nous avons entendu. Notre vie se modèle sur le visage qu’en donne le Christ Jésus.

J’avoue qu’en ce jour, dans les drames qui se vivent actuellement au quotidien, j’ai du mal avec l’Évangile proclamé.

Les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et incendia leur ville.

Certes, c’est une parabole. Une image. Une fable… Mais comment la comprendre ?

Avant de chercher à pratiquer ce qui est dit - et je répète que ceci est une obligation chrétienne - je dois comprendre. Pour cela, comprendre, je dépasse la difficulté ressentie en cherchant, je l’avoue, sur internet.

Jésus parle aux grands prêtres d’Israël et aux pharisiens en utilisant le genre des paraboles pour s’assurer d’être entendu. Ces gens ont déjà montré, constate Jésus, qu’ils écoutaient sans entendre.

Il y a deux paraboles qui se suivent et ne se ressemblent pas.

La première : l’alliance entre Dieu et l’humanité ressemble à des noces (Mt 22,1-10)

« Un roi célébrait les noces de son fils ».

Quel roi ? Le roi des royaumes des cieux. Celui qui peut rétablir l’Alliance entre Dieu et l’humanité,

Les auditeurs de Jésus se souvenaient que le roi Cyrus de Perse (– 539) avait libéré leurs ancêtres de l’esclavage et qu’ils étaient revenus dans leur patrie. Cela donna une nouvelle vie à Jérusalem. Ainsi, le prophète Isaïe avait donné une portée spirituelle à ce retour. C’était comme un merveilleux festin préparé par Dieu lui-même. Là il n’y aurait plus de mort, de deuil et de larmes. Tout contribuerait à la vie (Isaïe 25,6 -9 – 1re lecture). C’était comme l’anticipation d’une noce.

Mais qui peut au final, rétablir l’alliance entre Dieu et l’humanité ?

Mais c’est moi, dit sans cesse Jésus, en se présentant sous divers noms : Fils de l’Homme, Messie, Homme tourné vers le Père des cieux, l’époux, unique porteur d’une Alliance qui s’accomplit en moi, Jésus-Christ.

Cette symbolique des noces n’est pas très habituelle dans notre langage chrétien aujourd’hui et pourtant c’est dans ces termes-là que les textes tardifs de la Bible parlent du projet de Dieu sur l’humanité. Il est clairement dit en ce lieu que l'annonce et l’accomplissement du salut universel de l’humanité passaient par Israël ; le peuple élu était en mission pour toute l’humanité ; c’est dans ce sens qu’on a appris à lire la phrase de Dieu à Abraham

« en toi seront bénies toutes les familles de la terre » (Gn 12,3).

Les Juifs étaient les premiers invités à la noce ; et le maître comptait sur eux pour élargir ensuite l’invitation et faire entrer derrière eux toute l’humanité.

Or, la grande majorité des auditeurs de Jésus, souligne cette parabole, a refusé de reconnaître en Jésus le Messie. Ce sont les invités qui refusent de venir à la noce et vont jusqu’à maltraiter les serviteurs qui venaient les chercher.

Que va-t-il se passer ? Ils refusent ! Alors, les serviteurs remplissent la salle de convives invités à la dernière minute.

Regardons la deuxième parabole (Mt 11, 14)

Un homme, invité de la dernière heure, entre sans habit de noce ; il est bien incapable de répondre à la question

« Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ? »

Alors il est chassé. Cela ne signifie certainement pas qu’il lui fallait satisfaire à une exigence de comportement, que le vêtement de noce pourrait symboliser un mérite quelconque… Dès qu’on parle de « mérite » on dénature la grâce de Dieu, qui, par définition, est gratuite ! Avec Dieu, il n’y a pas de conditions à remplir. La première parabole dit bien que tous ont pu rentrer, les mauvais comme les bons.

Alors, que peut signifier cette deuxième parabole ? Regardons la multitude qui entre dans la salle du festin des noces. Bons ou mauvais, tous ont été invités, tous ont accepté et ont revêtu la robe de fête : ils ont su accepter l’invitation imprévue et s’y sont préparés. Un seul n’a pas jugé utile de le faire : il n’a pas su apprécier l’aubaine de cette proposition inespérée et l’accueillir avec reconnaissance.

À la question « comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ? », il aurait suffi d’un mot d’excuse ou de regret, mais il garde le silence. Ne pas se préparer pour un banquet, c’est s’en moquer et mépriser celui qui nous invite. Au fond, tout comme les premiers invités, il a péché par indifférence ou par suffisance. Il a manqué l’humilité. En effet, La coutume voulait que, dès l’arrivée à une fête royale, les invités revêtent un vêtement fourni par l’hôte et similaire pour tous. C’était une manière de symboliser l’appartenance au roi et l’égalité entre ses sujets. Malheureusement, cet invité n’adhéra pas à l’amitié du roi et à la fraternité. En refusant le vêtement de circonstance, il exprimait le contraire : son rejet. Il manifestait sa rupture relationnelle.



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