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Homélie de Bruno MILLEVOYE : 2ème dimanche de l’Avent : 4 décembre 2022


(Introduction au temps de l’Avent. Le Christ est déjà venu, il reviendra mais il ne cesse de venir par le moyen de la foi. Renouvelons notre foi, vivons dans l’attente de sa venue aujourd’hui.)

« Voix de celui qui crie dans le désert… » Mais quelle est cette voix ?

N’est-elle pas tout simplement ou ce qui devrait être tout simple la voix de Dieu ?

Celle qui se fait voir puis entendre au Buisson Ardent. Celle qui appelle Abraham à quitter son pays. Voix avant le jour, voix des origines du monde qui donne sa forme à la création, voix que nous avons la charge d’écouter : « Ecoute Israël, écoute croyant… » Et nous écoutons peu, quand nous avons le temps. Ou bien pas ou avec des questions, des doutes.

Mais la voix ne se lasse pas de se faire entendre. Elle sait trouver des voix qui la portent. Voix des prophètes et parmi ceux-ci Isaïe : « Il ne jugera sur l’apparence… Il jugera les petits avec justice… » C’est un autre passage mais pour le plaisir de l’entendre : « Veilleur, où donc en est la nuit ? »

La nuit n’arrête pas la voix qui nous appelle et donc : « Préparez le chemin du seigneur. »

A la suite d’Isaïe et de bien d’autres, c’est donc Jean le Baptiste qui devient la voix.

Mais il annonce la venue d’une voix qui est plus grande que la sienne et plus grande que celle de tous les prophètes. Jean l’annonçait mais ne la connaissait pas. Nous, nous la connaissons. C’est Dieu lui-même en chair et en os, Jésus-Christ. La voix des origines se fait voir et entendre par toute notre humanité.

Elle est plus grande parce qu’elle donne l’Esprit. Moi, dis Jean le Baptiste, je vous donne un baptême qui appelle à la conversion. Il vous prépare, il vous remet sur le droit chemin. Mais lui, il a la puissance de donner l’Esprit. Ainsi, chacun, nous sommes la voix de Dieu.

Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle car nous ne sommes pas plus grand que le maître. Il faudra par conséquent crier dans le désert. Mais peu importe, la voix est la vie. Elle est le souffle. Elle est l’eau. Elle est la nourriture en temps voulu.

Il y a quelques semaines comme vous le savez, 48 pèlerins se sont laissés conduire à Assise pour y découvrir ou redécouvrir François. Il est de ces femmes, de ces hommes devenus saint parce qu’ils se sont laissés conduire par l’Esprit que Jésus donne.

J’ai imaginé en raison des lectures propres à ce dimanche un parallèle entre François et Jean-Baptiste. Il y a le vêtement même si la bure en forme de croix n’était pas en poils de chameau. Il y a plus sérieusement la pauvreté. Il y a la capacité de se déterminer pour une vie conduite par un appel qui mène au désert. Celui de François était les environs d’Assise. Comme Jean le Baptiste, il a été rejoint par des personnes touchées par sa forme de vie mais il a d’abord été seul avec son Dieu.

Dans ce parallèle, je voudrais développer l’appel à la conversion, à la pénitence.

L’un et l’autre, François et Jean-Baptiste ont appelé à la conversion, prêché la pénitence.

Je sais que les mots conversion mais surtout pénitence ne plaisent pas ou parfois même plaisent trop au risque de nous enfermer dans une impasse.

Pour en dire un mot à Assise à l’occasion d’une messe, je me suis risqué à une invention. J’ai fait comme François qui était un inventeur pour rendre accessible à tous l’Évangile. Parmi ses inventions, il y a celle de la crèche dont vous pourrez découvrir l’histoire publiée sur l’info-soleil du mois de décembre.

Mon invention à moi est plus modeste et sans doute pas vraiment une idée originale mais la voici.

Toujours à Assise, je suis tombé sur une citation de Pier-Paolo Pasolini. Le sulfureux Pasolini…

J’ai trouvé cela sous le titre « A un Pape dans la religion de mon temps… »

Il écrit ceci : : « Pécher n’est pas faire le mal, pécher, c’est ne pas faire le bien. »

Cela m’a inspiré la réflexion suivante que je vous partage donc. Faire pénitence, c’est chercher, sans se lasser, à faire le bien. Chercher à faire le bien malgré nos échecs, malgré nos insuffisances. Chercher à faire le bien même s’il a la taille d’une goutte d’eau, d’un geste, d’un moment pris sur notre temps. Et comme forcément, nous faiblirons dans notre volonté de faire le bien, notre pénitence nous conduirons à demander à Jésus de prendre pitié de nous, de nous aimer tel que nous sommes. Là, nous ferons à coup sûr l’expérience de sa miséricorde, de son amour sans condition.

Nous trouvons dans le Testament de François d’Assise, texte qu’il a dicté à frère Léon quelques semaines avant sa mort en 1226. Ces mots :

« Voici comment le Seigneur me donna, à moi frère François, la grâce de commencer à faire pénitence. Au temps où j’étais encore dans les péchés, la vue des lépreux m’était insupportable. Mais le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux ; je les soignais de tout mon cœur ; et au retour, ce qui m’avait semblé si amer s’était changé pour moi en douceur pour l’esprit et pour le corps. Ensuite j’attendis peu, et je dis adieu au monde… »

François a prêché comme Jean-Baptiste la pénitence toute sa vie. Il l’a fait pour cette unique raison dont il avait fait lui-même l’expérience. Que chaque femme, chaque homme, chaque enfant jusqu’aux confins du monde puissent goûter ne serait-ce qu’un instant à la miséricorde de Dieu à cette douceur qui s’appelle aussi la joie.

François a été tout autant un homme d’action qu’un homme de prière. Il a mis en œuvre ce que nous dit Paul dans sa lettre aux Romains. Je paraphrase. Il a persévéré, il a témoigné par l’exemplarité. Il a trouvé dans les écritures, dans la prière le réconfort. Il a été comblé, même dans les moments les plus difficiles de sa vie, par l’espérance.

Voici pour terminer mais surtout pour méditer une prière authentique de François, fruit, invention de sa prière et de son écoute de la Parole de Dieu. Voix de celui qui crie dans le désert.

LOUANGES DE DIEU

Tu es le seul saint, Seigneur Dieu, toi qui fais des merveilles !

Tu es fort, tu es grand, Tu es le Très-Haut, tu es le roi tout puissant ; toi, Père saint, roi du ciel et de la terre.

Tu es trois et tu es un, Seigneur Dieu, tu es le bien, tu es tout bien, tu es le souverain bien, Seigneur Dieu vivant et vrai.

Tu es amour et charité, tu es sagesse, tu es humilité, tu es patience, tu es beauté, tu es douceur, tu es sécurité, tu es repos, tu es joie, tu es notre espérance et notre joie, tu es justice, tu es mesure, tu es notre richesse et surabondance.

Tu es beauté, tu es douceur, tu es notre abri, notre gardien et notre défenseur, tu es la force, tu es la fraîcheur.

Tu es notre espérance, tu es notre foi, tu es notre amour, tu es notre grande douceur, tu es notre vie éternelle, grand et admirable Seigneur, Dieu tout puissant, O bon Sauveur !

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