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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

Du 1er avril 2003 au 29 mars 2005, je suis parti à Taïwan en tant que volontaire pour le développement international. Durant ces deux années j’ai travaillé auprès des pères des Missions Etrangères de Paris dans un contexte mi-français, mi-chinois. J’y ai exercé diverses tâches : vie quotidienne auprès de jeunes adultes handicapés, accueil et gestion courante au sein de la maison des MEP, visites de jeunes en prisons, cours de français, dépannage informatique, guide touristique, accompagnement de personnes âgées ...
Parti en coopération dans le but « d’apporter mon savoir à des populations dans le besoin », je me suis retrouvé dans un pays riche où je ne savais plus rien faire. Ne connaissant pas la langue, j’étais en outre devenu totalement analphabète, incapable de prendre des points de repères dans la rue, et même manger me posait des difficultés. Malgré tout, j’ai tout de suite été accueilli les bras ouverts. Alors que je redoutais de devoir travailler avec des jeunes handicapés (que vais-je pouvoir leur faire faire ?), ce furent les premiers à venir naturellement à moi, m’inviter à la rencontre, à la découverte de la personne.
Au fur et à mesure des rencontres et des discussions avec les jeunes (et les moins jeunes) locaux, j’ai ressenti à mon tour une vérité que l’on nous avait maintes fois expliquée lors des week-ends de préparation. « Plus important que le travail réalisé, il y a la présence du volontaire ». Cette démarche qui peut sembler simple, pose de nombreuses questions : Pourquoi es-tu venu ici, alors que tu pourrais être en Europe en train de ramasser un salaire bien supérieur ? Pourquoi t’intéresses-tu à nous ? Qu’avons-nous pour te pousser à venir ici, deux ans ? Et, est-ce que tous les français sont comme toi ? Comment est la vie là bas ? Que pensez-vous de Taïwan en Europe ? Pourquoi voulez-vous construire l’Europe ? C’est vrai que vous n’aimez pas les américains ?
Dès que la rencontre commence, les questions sont nombreuses. C’est autant l’occasion de découvrir le pays qui nous accueille que de faire découvrir l’Europe. C’est aussi l’occasion de se rendre compte de tout ce que l’on véhicule avec nous. Ambassadeur « malgré nous » de l’Europe et de l’occident tout entier, il s’agit de faire attention à l’image que l’on peut donner. Observé, c’est enfin, plus que jamais, l’occasion de vivre en « témoin de l’évangile », de faire partager par nos actes, des idées complexes à exprimer en une langue peu maîtrisée.
Se retrouver soudain à la fois au sein d’une minorité religieuse et en contact quotidien avec des pères, fut aussi pour moi l’occasion de mieux connaître l’Eglise à laquelle je me revendique. Une Eglise diverse et variée. Pleine de mutation et de courants internes. Une Eglise avec laquelle on se sent parfois en colère, et qui le lendemain nous montre un aspect plus réjouissant. J’ai surtout découvert une Eglise composée d’hommes. D’ hommes qui cherchent, qui discutent, qui vivent et essayent de faire vivre leurs idées. Une Eglise au sein de laquelle, moi aussi, j’ai mon mot à dire, afin qu’elle soit mon Eglise et non celle de quelques exaltés. Afin aussi de pouvoir m’en revendiquer sans craintes, et oser témoigner, face à l’étranger, mais également, une fois de retour au pays.