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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

Récemment j’ai participé à un repas entre collègues de travail à l’invitation de l’une d’elle, deux jours avant Noël. L’une des invitées, juive pratiquante, a demandé à ne manger qu’une partie du repas, et à utiliser la cuiller de service la première, ce qu’a accepté bien volontiers notre hôtesse. Cette dernière déclarant que bien que d’origine musulmane, elle n’était pas pratiquante, et ouverte à toutes les façons de vivre. Quelqu’un a alors déclaré, « de toutes façons de nos jours, bien peu de personnes ont une religion, qui autour de cette table peut affirmer en avoir une », « eh bien moi, ai-je répondu, je suis chrétienne, - ah bon ! Toi ? mais tu es pratiquante ? Tu vas à la messe ? ! Et tes enfants qu’en pensent-ils, etc. Une courte discussion s’en est suivie concernant les convictions ou non convictions de chacune. Je crois que si j’ai pu affirmer si sereinement et sans crainte d’être mal comprise ce que je suis, je le dois un peu aux Semaines Sociales auxquelles j’ai participé. Avoir entendu ce que j’ai du mal à formuler moi-même, sur ce qu’est le chrétien aujourd’hui, confronté à la société civile, à d’autres religions, m’a sans doute confortée. Je citerai notamment cette phrase « La foi chrétienne se fonde sur une vision de l’homme où relations d’altérité et estime de soi, loin de se concurrencer, s’alimentent l’une l’autre ». D’autres réflexions entendues notamment sur les problèmes d’éthique dans le domaine médical, m’ont un peu secouée, au bon sens du terme, obligée à creuser un peu plus… même si les questions posées me sont apparues encore plus complexes !... Cette session des Semaines Sociales m’a non seulement amené à approfondir un peu ce que je suis, parmi les autres, mais aussi avec les autres, au sein de la société, ou avec les autres églises. Savoir que l’Église, catholique notamment, n’est pas perçue de la même façon selon les pays est une chose, mais discuter réellement avec de jeunes étudiantes polonaises, sur la place de l’église et de l’état est autrement éclairant, et permet de toucher du doigt la difficulté de définir cette place, et donc la nécessité d’oeuvrer pour que chacun puisse se faire entendre dans le respect de ses convictions. Entendre ce que d’autres religions ont à nous dire, et ce que ses représentants peuvent dire ensemble, concernant leur place face à la société civile permet d’avoir un espoir pour un dialogue fructueux, en même temps fait prendre conscience que ce dialogue à un niveau plus large est encore loin d’être atteint, et qu’il reste encore beaucoup à faire. Car c’est aussi ainsi que j’ai ressenti « les semaines sociales », non seulement une occasion de réfléchir, de préciser ou de découvrir, ce que peuvent nous dire certains intellectuels sur ce sujet du rapport entre les religions et société, mais aussi une occasion de se mettre en marche, des justifications supplémentaires pour se bouger, que ce soit au sein d’un groupe, ou individuellement, au quotidien, pour vivre et réaffirmer que « chrétiens sociaux, nous embrassons dans un même regard la dignité de chaque personne et l’exigence de structures sociales justes ». Bien d’autres phrases vont sans doute continuer à résonner à mes oreilles au gré des évènements à venir, me poussant ainsi à vivre avec d’autres, en Église et dans la cité.