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Pendant cette semaine pascale des Chrétiens, il semble que deux points de vue contradictoires nous sont parvenus, qui saturent nos oreilles et agressent nos regards. D’un coté il y a des violences dans le monde : à Strasbourg, à Drancy avec des croix gammées sur le wagon mémorial, d’otages sur un bateau ... . Assistons-nous à une montée irrépressible des violences ?
D’un autre coté, violences et mort aussi, celle de Jésus revenue en mémoire vive mais dans un autre climat : « de l’amour même dont je vous ai aimé, aimez-vous » dit-il à ses amis lors du dernier repas ; ou lors de leur arrestation : « Pierre ne te sers pas de ton épée » Et un climat de paix, de sérénité devant la mort inéluctable. Jésus se révèle comme l’humain vivant en Dieu et de Dieu. Et cela nous interpelle pour savoir que faire dans ce climat de mensonges, mépris, dominations qui semblent la seule manière de se comporter.
Quel visage voulons-nous donner désormais de la foi et de l’espérance qui nous animent ?
Une vie selon le Ressuscité se bâtit sur quatre piliers où nous pouvons appuyer nos pensées et nos actes :
Affirmer et vivre cette conviction que le christianisme est un humanisme dans le cadre d’un État laïque. Ce n’est pas simplement la nature ou les réserves vitales ou l’air ou les fonds marins que nous devons protéger, mais les hommes. Or chacun est unique et a le droit de vivre et se construire en humanité. « Ne disons nous pas que la Gloire de Dieu c’est l’homme vivant » Cela ne veut pas dire que nous devons imposer notre vision « mystique et spiritualiste » de l’homme mais que nous pouvons et voulons travailler avec ceux, autres croyants ou incroyants, pour qui l’homme est la valeur essentielle. C’est avec tous les hommes que nous inventons de nouveaux possibles.
Le second pilier est celui de la proximité Il ne s’agit pas de prononcer des formules incantatoires et vides, mais d’être. Être proche de ceux qui sont sans rien ni personne, cheminer auprès de ceux qui n’ont plus de but, préfèrer les petits, les abandonnés. Être là auprès de chacun d’une manière unique. Cela veut dire que nous nous méfions de nos propres mouvements de récupéraration et/ ou encadement. Rien de plus stimulant dans cette tâche lorsque celui que nous avons trouvé à raz de sol tout d’un coup se relève et part sur sa route. Cela c’est de Jésus que nous l’avons appris et c’est son amitié que nous laissons passer à travers nous.
Le troisième pilier est celui de la personne (c’est à dire l’individu en relation) qui prime tout. Nous avons là aussi à travailler sur nous-mêmes car nous véhiculons une idéologie de normalisation et non de personnalisation. La personne ne passe pas après la Loi. Le Christ sait ce que cela lui a coûté d’être « marginal » Il ne s’agit pas d’introduire n’importe quoi, puisque la maturation humaine va dans le sens de la socialisation. L’autre est aussi une dimension de mon « être adulte » Les codes sont à acquérir dans un processus de libération et de non domination.
Le quatrième pilier est celui de la liberté religieuse qui est le cadeau offert par Dieu en Jésus. Liberté de conscience et de décision. Jésus dit toujours « si tu veux » à celles et à ceux qui cherchent et en même temps hésitent à le suivre. Et il ne fait pas de reproches ni ne prononce d’excommunication ou autres sanctions à ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas faire route avec lui. Il ne s’agit pas de construire une société de purs et durs, de militants exaltés laïcs ou croyants. Ce n’est pas parce que nous sommes croyants que nous sommes la Vérité et le Chemin. Nous sommes en route vers la Vérité qui est ce « Dieu-pour-les-hommes » Ce qui est sur c’est que nous pouvons aussi nous tromper et donc devons être humbles ; chacun est acteur dans un tout. Et le Père dans la parabole du fils prodigue est un bel exemple. Il ne dit pas au fils qu’il pourra revenir ; il ne cherche pas à le faire revenir : il l’attend.