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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

Je suis étudiante, actuellement en 4e année de Biologie. J’étais partie cet été au Liban pour effectuer un stage de 2 mois à l’Hôtel Dieu de France de Beyrouth. La guerre nous est tombée dessus du jour au lendemain. J’ai donc appris plusieurs choses cet été.
Tout d’abord, la solidarité entre les gens et même entre les communautés. La guerre civile qui avait séparé les Libanais dans les années 1970-1980 a laissé des traces. Aussi, il était agréablement surprenant de voir tomber les barrières pour faire place à une solidarité concrétisée par l’envoi de colis de nourriture et de premiers soins, et par le prêt de maisons inoccupées dans les montagnes pour les réfugiés des zones bombardées.
J’ai vu le courage de certains libanais, la peur qui tétanise les autres, surtout le fatalisme dont ils font tous preuve. Comme s’ils acceptaient la guerre par habitude ! Et voir qu’un peuple est habitué à la guerre, ça remet en question des principes qu’on pensait immuables, comme le droit à la paix.
Les bruits et le souffle des explosions, le ciel sombre et la chaleur suffocante, les vrombissements des avions... La tension latente et permanente qui nous tient en alerte et sans repos.
Enfin, je me suis rendue compte de la chance que j’avais d’être française. Ce qui m’a permis d’être rapatriée : fuir pour espérer un avenir. Le moment du départ était déchirant. Je regrette encore d’être partie alors que ma famille d’accueil restait là -bas. D’avoir autant de chance et eux si peu. C’est toute l’injustice de la guerre que l’on reçoit en pleine figure. Et l’on se dit : « pourquoi moi, et pas eux ».
Mais le pire de la guerre, c’est le combat qui se joue au fond de notre cÅ“ur. J’ai pris en France le temps de mûrir et de réfléchir. Je pensais avant cet été qu’une vie était ce qu’il y avait de plus important sur la Terre et qu’elle devait être respectée à ce titre.
Eh bien, le vendredi 14 au soir, après 2 jours de bombardements sans aucune réponse ni de l’armée libanaise, ni du Hezbollah, ni de la Communauté Internationale, quand le navire de guerre israélien qui bombardait les quartiers Sud de Beyrouth a brûlé, j’ai d’abord pensé : « C’est merveilleux, on n’est plus tout seuls ». C’est seulement après que j’ai pensé qu’il y avait aussi des hommes à bord...