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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

(Extrait de la conférence du 06/06/2008 à St Alban - Groupe Jonas Lyon)
Jésus n’a rien écrit, et il ne laisse même aucun code, aucun credo, aucun rituel, aucun formulaire à transmettre oralement ; il confie seulement à ses apôtres la mission d’annoncer son Evangile ainsi qu’il le faisait lui-même, un Évangile tourné vers le Royaume à venir, constitué de préceptes et d’enseignements qu’il prononçait au hasard de ses déplacements et de ses rencontres, et il comptait sur le Saint Esprit pour rappeler et expliquer ses paroles à ses disciples. Il n’est donc ni faux ni vain de rappeler que le christianisme a commencé sur le mode de communiquer une Bonne Nouvelle, celle du salut survenu en Jésus Christ, et qu’il s’est institué en s’inventant lui-même sous la conduite des apôtres et sous l’impulsion de la foi des premiers convertis.
Jésus n’a pas laissé à ses apôtres un modèle de religion à perpétuer, il ne leur a pas ordonné de faire entrer absolument tous les hommes de tous pays dans son Église pour qu’ils y fassent leur salut.
Il n’est pas évident, en effet, que tous les chrétiens savent bien en quoi consiste exactement l’Évangile ni quelles sont son importance, sa suffisance, son orientation, son ampleur, ses exigences. L’enseignement de la religion et de sa morale a trop souvent recouvert entièrement l’Evangile, au point que trop de fidèles ne savent plus qu’il est le tout de la foi, au risque qu’ils oublient d’en vivre. L’Évangile est chemin de vérité et de vie, et il est à ce titre chemin de salut. Il est chemin vers Dieu, mais aussi vers l’homme, chemin d’humanité, il ne permet pas de chercher Dieu dans l’oubli du frère, il apprend à trouver Dieu en allant au frère il est un vrai humanisme, car il enseigne ce qu’on doit aux autres, jusqu’au sacrifice de sa vie, et il fait ainsi pressentir l’absolue transcendance de Dieu présent au coeur du monde. Il enseigne qu’il n’y a pas d’amour effectif de Dieu sans amour des autres, et que c’est déjà aimer Dieu que d’aimer les autres d’un vrai amour désintéressé, car l’amour vient de Dieu, il est Dieu même.
Ce rappel montre combien il importe, avant d’entreprendre de communiquer l’Evangile au dehors, de bien le méditer en sa simplicité qui fait son extrême amplitude, en son immensité qui fait son extrême brièveté. On apprend ainsi à le dépouiller de tout ce dont l’a revêtu une religion excessivement ritualiste et moralisante, et à y inclure tout ce qu’une préoccupation excessive des choses divines et éternelles ne sait plus y voir. C’est en méditant l’Évangile,- et j’inclus le faire dans le dire - que le chrétien devient disciple de Jésus. Mais il ne le devient pas à lui seul, par une méditation solitaire. Les disciples suivaient Jésus en faisant communauté entre eux on devient disciple dans une méditation commune et par une pratique communautaire de l’Évangile, en se communiquant les uns aux autres son intelligence et sa pratique.
La vie selon l’Évangile ne va donc pas sans une vie d’Église, mais ne s’accommode pas de n’importe quelle forme d’ecclésialité, surtout si elle se réduit au rite, à l’expression religieuse ou à l’écoute d’une parole d’enseignement. Tout cela a son utilité, mais ne suffit pas à faire communier les chrétiens dans un même esprit évangélique et une vraie vie de disciples. Il y faut une réunion d’Eglise ouverte à la communication de la parole entre tous, aux échanges des relations fraternelles, à la mise en commun des sentiments, des besoins, des appels, des projets que fera naître la méditation de l’Evangile. La primauté accordée à la mission évangélique amènera à organiser la vie d’Eglise en communautés de disciples, qui seront le tremplin du départ pour la mission. Elle appellera aussi un nouveau type de rapports entre les fidèles et le clergé, dont la présence ne sera pas toujours requise. On peut présumer que ce nouveau style de vie en Église ne conviendra pas à tous les fidèles, et ne sera pas de nature à satisfaire tous leurs besoins religieux cela obligera à diversifier et à alterner différents types de réunions d’Église pour des participants différents. Bref, remettre l’Église en état de marche pour la mission, c’est la réinventer, retrouver le souffle, l’élan créateur de l’origine. La transmission, ai-je dit, est de type hiérarchique, elle se fait sur un axe vertical, la communication est plus égalitaire, elle se fait à l’horizontal. L’Église avait pris l’habitude de parler au monde comme elle le faisait à ses fidèles : elle transmettait, elle commandait. La communication de l’Eglise avec le monde d’aujourd’hui exige au préalable qu’elle se mette en état de communication au- dedans d’elle-même : non que disparaisse la relation hiérarchique, mais qu’elle soit plus simple, plus fraternelle, plus humble, plus évangélique