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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

Élevée dans une famille chrétienne, j’ai toujours entendu parler du "jeûne et de l’abstinence". Nous ne jeûnions pas mais la viande du vendredi était remplacée par le poisson.
Le jeûne ? Qu’est-ce-que cela évoquait pour moi jusqu’à il y a peu de temps ?
Qui va nous aider à tenir ?
– L’ascèse, la mortification du corps – Une contrainte que je refusais car manger me procurait du plaisir – Des règles à suivre dont le véritable sens m’échappait.
Depuis quelques années, pour de simples raisons de santé et de bien-être, j’ai commencé à jeûner une journée de temps en temps. Au cours de ces journées, il y avait toujours, en fin d’après-midi, un moment difficile qui s’appelait la faim. Et là ,j’ai commencé à réfléchir et à me conditionner en me centrant sur la symbolique du plein et du vide.
Faire le vide en soi : C’est éliminer tout ce qui ne sert à rien, qui encombre et peut parfois être néfaste : c’est la dépossession.
C’est n’être plus parasité par la problématique des repas : c’est la disponibilité.
C’est faire la place pour autre chose c’est à dire être en capacité d’accueillir ce que je ne connais pas, ce que je n’attends pas, ce qui va advenir (une situation, un événement, un autre, d’autres) mais aussi la part de Dieu qui est en moi et celle qui est dans l’autre.
Être en état de vide, c’est aussi entrer dans une certaine communion avec ceux qui vivent le manque donc le vide : – ceux qui souffrent de la faim et ceux qui en meurent – ceux qui sont seuls et sans liens affectifs et sociaux qui nourrissent.
Faire l’expérience du vide, c’est le début d’une réflexion politique sur la possession et l’accumulation des biens (l’ingestion) donc sur la consommation. Peut-on vivre avec moins tout en étant heureux ? Peut-on envisager une société où l’homme vivrait dans "une sobriété heureuse"(cf. Pierre Rahbi) permettant ainsi un partage des richesses ?
Choisir de faire le vide, c’est entrer dans l’expérience de liberté, c’est à dire être capable de ne pas répondre au besoin immédiat, à la pulsion (boulimie), au plaisir attendu, liberté qui me fait grandir dans mon humanité.
Jeûner, c’est une démarche que l’on accomplit seul avec soi-même : c’est donc un retour à l’intériorité, c’est une porte qui s’ouvre et invite à la méditation, la contemplation, la prière...
...Le Christ a dit :"L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu".