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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

Le discours politique sur la société française se résume parfois à la vision d’une "société bloquée". Une société en panne. Une société incapable de se réformer.
Le sociologue Michel Crozier a déjà utilisé en 1970 cette expression mais dans une autre perspective. « Si l’on veut faire bouger cette société bloquée qu’est devenue la société française , il faut absolument secouer le carcan que fait peser sur elle la passion du commandement, de contrôle et de logique simpliste qui anime les grands commis, les patrons, les techniciens et mandarins divers qui nous gouvernent,… "
Plus de trente ans après, de nombreuses mutations économiques, transformations technologiques, changements institutionnels sont intervenus. Et plusieurs études nous apprennent que la France s’est profondément et audacieusement transformée. "Qu’il s’agisse du droit du travail, du gouvernement des entreprises, de la gestion des flux migratoires, de la décentralisation, de l’école elle-même, notre pays a mis en œuvre des réformes aussi profondes – voire plus drastiques – que la plupart de nos partenaires européens."écrivait récemment Jean-Claude Guillebaud.
Alors pourquoi un tel discours sur les frilosités de la France ? C’est sans doute que, par rapport au sérieux des enjeux, les comportements et même les attitudes des décideurs semblent souvent déplacés. Comme l’écrivait Michel Crozier, ils ont une manière de raisonner unique et les observations empiriques sont gommés au profit d’une ligne qui va du sommet à la base, sans concertation réelle. Alors que notre société est dominée par la persistance du chômage et de l’exclusion, la crise du travail et du modèle salarial, le développement des inégalités et des violences urbaines.
Il y a bien aujourd’hui deux France. La France qui envisage son avenir et celui de ses enfants avec confiance, et puis, de l’autre, une France dépossédée de son destin et comme privée d’espérance. L’affaiblissement des grandes institutions que sont l’État et la famille ou l’école et l’entreprise, la fin des identités collectives fondées sur l’appartenance à une classe sociale et à un syndicat ou un parti politique ou une religion enfin la montée de l’individualisme ont dessiné une société plus éclatée, composite et diversifiée. Des fenêtres peuvent s’ouvrir cependant vers l’avenir. Il faudra, par exemple, que les acteurs de terrain confrontent et enrichissement leurs points de vue, mettent en œuvre des stratégies, en évaluent les résultats, avant de formuler des ébauches de solutions.