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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

"Lire les signes des temps", voilà une expression employée fréquemment de nos jours, et qui mérite d’être développée.
Quand fut-elle énoncée pour la première fois ? Est-ce Jean XXIII dans son Encyclique "Pacem in Terris" lorsqu’il indique que les chrétiens doivent être attentifs à l’évolution du monde autour d’eux ? N’est-ce pas plutôt le Concile Vatican II qui précise dans la constitution Gaudium et Spes : "L’Église a le devoir à tout moment, de scruter les signes des temps,et de les interpréter à la lumière de l’Évangile".
En réalité, c’est le Christ lui-même qui emploie ces termes. Au chapitre 16 de l’Évangile de Matthieu, nous le voyons interpeller les Pharisiens : "Ainsi vous savez interpréter l’aspect du ciel, et les signes des temps, vous n’en êtes pas capables ! "
Ayant ainsi rendu justice à l’initiateur de l’expression, interrogeons-nous : qu’est-ce qu’interpréter les signes des temps ?
N’est-ce pas d’abord diagnostiquer dans notre monde, une évolution des événements, ou des mentalités, vers une nouvelle étape qui en modifie le sens habituel ? Et ensuite, savoir interpréter cette évolution en y découvrant le nouveau sens. Dans un passé récent, il est possible de donner de nombreux exemples de ces événements- signes : l’importance accordée à la Déclaration universelle des droits de l’homme, la reconnaissance de la place des femmes dans la vie politique, la fin de l’apartheid en Afrique du Sud, etc.… Ces exemples se sont traduits par des textes législatifs dans différents États, mais certains sont encore loin de reconnaître et de pratiquer ces règles de vie sociale. L’élection d’un Président noir aux USA ne peut-elle pas être considérée comme un signe des temps ?Tout signe prend sa source dans un événement ou dans une relation humaine. Mais tout événement ou toute relation n’est pas un signe. Et c’est là qu’intervient le signe personnel, celui qui nous est donné à un moment de notre vie. Nous savons tous que l’existence est parsemée à la fois de faits heureux et de faits douloureux et pénibles, de rencontres humaines valorisantes, et de découvertes culturelles enrichissantes ; tous ces faits sont à interpréter, ils ont un sens profond à retrouver.
Pour le chrétien la question qui se pose et qui s’impose est "Où est Dieu dans tous ces événements de ma vie ? " Certes, il n’est pas besoin de chercher Dieu partout, mais de trouver "le sens de Dieu" en interprétant ce qui m’arrive. J’ai tout intérêt à confronter mon interprétation à celle d’autrui. Seuls, nous pouvons partir sur des chemins d’errance, ne pas nous rendre compte du vrai sens des événements. A plusieurs, nous aurons des avis plus ouverts, et sans doute plus solides. A condition toutefois que "l’autre" soit à l’écoute de mes interrogations, qu’il fasse effort pour prendre conscience de mes questions. Et dans ce dialogue, je peux en retour, lui proposer mon aide. Il y aura réciprocité. Ce qui nécessite qu’entre nous règne un climat de confiance…
Le mot est lâché : confiance ! C’est un mot-clé dans cette recherche commune du sens des événements. Confiance en l’autre, mais aussi confiance en Dieu, c’est-à -dire foi. Finalement, ne devons-nous pas admettre que l’interprétation des signes est fonction de la foi que nous avons ? Foi qui n’est pas un acquis que nous possédons, mais foi qui se cherche, foi qui tâtonne, foi-cadeau qui se demande chaque jour à Dieu. Ce Dieu qui est là , en moi, plus intime à moimême que moi, disait Saint Augustin. Et peut-être, au fond, est-ce là où se trouve la clé essentielle de l’interprétation des signes des temps ?…