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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

Sans doute convient-il d’abord de définir le travail de recherche. Le chercheur tente de comprendre les phénomènes afin de mieux maîtriser le monde qui nous entoure et de proposer des innovations offrant de nouvelles possibilités, de nouvelles applications. La démarche de recherche comporte plusieurs étapes : en premier lieu il s’agit d’analyser le mécanisme des phénomènes observés, puis de tenter de les maîtriser pour enfin proposer des applications qui s’appuient sur les mécanismes mis en évidence.
Parce qu’il explique le monde qui l’entoure, le chercheur ou le savant a été souvent présenté comme un pourfendeur de l’obscurantisme puisqu’il met du sens, de la rationalité là où il pouvait y avoir obscurantisme et peur. Cette position l’a conduit maintes fois à entrer en opposition avec l’Eglise, que l’on songe à Galilée ou à Darwin. Pourtant il convient d’affiner cette relation science et foi. Le chercheur n’est pas un généraliste, il est spécialiste d’un domaine, à l’heure actuelle de plus en plus pointu. Le fait qu’il ne partage ses connaissances qu’avec quelques collègues lui confère une indépendance certaine. Par ailleurs, sa démarche le conduit à remettre en cause en permanence les idées établies pour appréhender différemment des éléments encore incompris. Indépendance et esprit critique, qui sont des composantes essentielles de son activité, peuvent le conduire à rejeter ce qui est dogme, le concept de vérité établie ad vitam aeternam étant peu compatible avec les avancées de la science.
L’appréhension rationnelle du monde peut aussi sembler opposée à la spiritualité qui ouvre des espaces pour l’irrationnel. Comment concilier rationalité et foi ? Le chercheur est sans cesse confronté à la complexité des phénomènes et au caractère partiel de sa compréhension, qui n’est qu’une goutte d’eau face à l’immensité et à la diversité des questions posées. Cela le conduit à l’humilité en lui faisant prendre conscience du caractère limité de ses contributions. Dès lors il peut y avoir place pour d’autres dimensions. Mais, l’expérience du chercheur ne lui apportera jamais de réponse privilégiée vis-à -vis de la foi, dans ce domaine il est aussi démuni que les autres. Sa démarche cartésienne d’analyse et d’explication, les questions suscitées sont des sources permanentes de certitudes autant que de doutes.
Si la foi ne saurait être déboutée ou confirmée par la science, en revanche elle peut guider le chercheur dans les choix qu’il a à faire tout au long de son travail. Les moyens mis au service de la recherche, les modalités ou les domaines d’application confèrent au chercheur des responsabilités importantes. Les mêmes innovations peuvent être exploitées dans des domaines aussi divers que la santé, la communication ou la défense et surtout, quel que soit le domaine, mises au service d’intérêts particuliers ou de volonté de domination. Face à ces enjeux de société, le chercheur doit rester vigilant vis-à -vis des évolutions que cela peut générer. L’orientation de ses travaux, les domaines de recherche choisis ne peuvent être indépendants de sa foi. Parce que la recherche est d’abord au service de la société, d’un mieux-être de tous, elle doit nécessairement être sous-tendue par une éthique dans laquelle la foi en Jésus-Christ a toute sa place.