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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

A certains moments importants de notre vie, nous nous demandons ce que nous allons et voulons faire de cette vie qui nous a été donnée et que nous ne voulons pas subir mais construire. Nous ne voulons pas simplement réussir dans la vie mais réussir notre vie.
Cette vie est un don merveilleux mais aussi semée d’embûches ou inachevée. Nos gènes nous font exister mais aussi sont une limitation voire une contrainte ainsi que nos instincts, notre culture ou nos pulsions ; la liste peut s’allonger. Disons que notre vie est caractérisée par des limites dont le terme incontournable est la mort. Avec ces conditionnements construire notre histoire, comment devenir plus homme ou femme et de quelle manière ? Il nous faut avec nos limites et nos projets faire des choix pour construire une vie qui ne sera pas faite que d’actes éparpillés et sans lien les uns avec les autres. Nous aspirons à une vie unifiée : nous voulons nous humaniser.
Pour ce faire notre culture nous offre des systèmes de valeurs. Par exemple je peux vivre replié sur moi ou ouvert aux autres ; trouver que l’écoute et le respect des autres est préférable au désir de les écraser ; admettre que le pouvoir n’est pas une domination mais un service et que vivre dans la vérité est mieux que vivre dans le mensonge… et je peux prendre le temps pour évaluer le parcours réalisé et savoir où j’en suis et pourquoi. Avec mes enfants j’essaie de faire grandir certaines valeurs et les remet devant la réalité. Cette manière d’être est puisée dans des sources externes : une grande figure m’accompagne, un maître est présent à mon esprit, des rencontres ou évènements inattendus me stimulent ; ou des sources internes comme la réflexion la méditation ou la prière. Peu à peu j’ai l’expérience de devenir plus homme, femme ou de régresser.
Cette démarche concerne tout humain « sorti de la femme », c’est-à -dire être charnel, dans son parcours d’humanisation si nous admettons que l’humanité -et chacun- n’est pas encore humain(e). Je deviens peu à peu plus ou moins cohérent et unifié au cours de ma vie.
Le croyant en Dieu ou celui qui réfléchit à un ULTIME considère que l’humain n’a pas simplement une identité biologique à acquérir mais aussi une identité spirituelle. Et le texte de la Genèse, c’est-à -dire ce qui est à la racine (source) de l’univers et de l’homme est un précieux éclairage. Adam et Eve, sont les archétypes d’une humanité sortie de la glaise, donc périssable et sortie du Souffle divin donc impérissable. Il s’agit pour l’humain de faire se confronter et s’enrichir ce double enracinement de son humanité. Il est appelé à faire en soi une place à l’autre, différent et à donner sa place à l’Autre, Dieu. Que l’humain reconnaisse l’autre et c’est la jubilation (Genèse 2/23) et qu’il s’ouvre à Dieu, c’est le Ciel, le Paradis terrestre. Si c’est non à l’autre le mensonge et la violence l’emportent et avec Dieu(lire le texte du serpent primitif) c’est la galère ou l’enfer (Genèse 3/16) Adam et Eve sont alors les premiers croyants et les premiers athées de l’humanité.
Mais les textes sacrés, nous parlent aussi d’un homme, nommé Jésus qui se découvre comme « sorti de la femme « et « sorti de Dieu ». Sa question est celle de tout homme : « Comment réaliser son histoire avec cette double origine, en faire une construction cohérente et positive » ? On peut, dans cette perspective lire les Evangiles qui nous montrent ce Jésus qui grandit devant Dieu et devant les hommes pour reprendre le langage de l’époque. Nous le voyons devant sa mère lui rappeler qu’il est né d’une double paternité, humaine et divine (je me dois aux affaires de mon Père). Nous le voyons aussi ne pas se prendre pour Dieu (lire les tentations au désert, tournant décisif) : il ne veut ni composer avec le mensonge, ni dominer ou séduire, tout comme il choisit, non la barbarie, mais la fraternité et l’amitié. Nous le voyons enfin se construire dans l’Esprit même de Dieu faisant toute la place à laquelle ils ont droit celles et ceux qui l’appellent, tout comme il donne toute la place qui lui revient à Celui qu’il nomme son Père.
Ce parcours de l’homme Jésus met devant nos yeux une manière d’être homme, unique et accomplie. A ce titre elle peut être lue comme universelle et universalisable. Chaque humain, de tous les temps peut y puiser pour devenir lui-même. Et ce qui est unique c’est de découvrir que ces deux origines, humaine et divine son en « dialogie ». C’est-à -dire qu’elles peuvent à la fois se contredire et s’enrichir mutuellement. Elles ne se neutralisent pas, ne se juxtaposent pas. C’est l’unité complexe de deux logiques, finie et infinie. Jésus a poussé à son plus haut niveau possible de réalisation son être venu de la femme et venu de Dieu. Jésus est à ce titre un chemin, non tout fait, c’est une direction que chacun doit inventer. C’est dans ces aller-retour dans nos vies entre la part charnelle (finie) et la part spirituelle (divine) que nous grandissons en humanité. Jésus est l’homme accompli qui nous offre une manière d’être homme en voie d’accomplissement. Il est richesse inépuisable, ressourcement permanent et espérance inébranlable.
Et le coeur de ce message est que : devenir humain c’est, en Jésus, vivre personnellement et en communion avec ses frères, une relation filiale avec Celui qui nous a faits.