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Dans le parc de Parilly à Bron, une vieille dame, sans âge. Elle est assise dans son fauteuil roulant. Un soleil d’automne finissant essaie, en vain, d’éclairer son visage ; Les yeux sont éteints.
En face d’elle assise sur un banc une jeune femme lui parle, souriante, presque volubile. Cette femme a un teint basané qui peut la rendre suspecte pour ceux qui doivent empêcher les étrangers de venir prendre notre travail. Peut être même est elle dans une catégorie plus dangereuse encore que des plombiers polonais.
La femme tend à manger lentement et doucement à la vieille dame silencieuse, comme elle doit faire avec son enfant tout petit ; ce sont des parts de gâteau. Il ne reste plus à la grand’mère que le réflexe d’ouvrir la bouche et de mâcher lentement.
Je reste là , spectateur et peut être voyeuriste, ou attendant l’instant qui révélera le sens dont ce moment est porteur. Je suis persuadé que rien de ce qui est, est sans signification Tout à coup les vieilles mains s’animent et saisissent les mains de la jeune femme : leurs regards se regardent et leurs visages se rejoignent, doucement ; silence plein d’émotion.
Il faudrait un Robert DOISNEAU pour saisir la beauté de cet instant d’éternité : Celui de l’amitié qui sature l’espace et le temps.