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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

L’enquête étymologique ne nous renseigne guère. Ethique vient d’un mot grec, morale d’un mot latin, tous deux désignent les mÅ“urs. Les définitions de différents dictionnaires ajoutent à la confusion, en utilisant le plus souvent l’un des termes pour définir l’autre et vice-versa. Il n’empêche que le Comité National d’Ethique s’appelle ‘d’éthique’ et non pas de ‘morale’.
On pourrait peut-être définir la morale comme un ensemble de préceptes et de règles normatives régissant des conduites dans la vie privée et publique à la recherche du bien. Mais il y a nombre de morales (stoïcienne, kantienne, hédoniste, chrétienne...). L’éthique est une pratique qui se fonde sur la morale mais qui la dépasse. Elle prend en compte les convictions philosophiques et religieuses, les conditions juridiques, économiques et ethniques. Elle est aussi à la recherche du bien (ou pour le moins de la ‘non maléficience’), mais dans le contexte de la vie réelle des hommes.
On comprendra mieux la différence en prenant l’exemple tout récent de la décision concernant ‘l’affaire’ du jeune Vincent Humbert. En ne poursuivant ni la mère ni le médecin de ce garçon, la justice a pris une ‘BONNE’ décision, une décision ‘ETHIQUE’. Ce n’est pas une décision morale. On pourrait presque dire que c’est une décision ‘immorale’ puisqu’il y a eu mort du jeune homme. On voit bien ici le conflit possible entre éthique et morale.
La fameuse phrase de Saint Augustin (1) « Aime et fais ce que tu veux »résume t-elle l’éthique ou la morale ? Elle n’ouvre pas sur la licence mais sur la liberté. Loin des préceptes normatifs, elle guide nos pensées et nos actes dans le sens de l’amour de l’autre : ‘ce que tu veux’ ne peut être que le bien de l’autre. Mais, qu’est-ce que le bien de l’autre ? Quels sont les pensées, les besoins, les désirs de l’autre ? On entend dire : ‘c’est pour ton bien’, alors qu’il n’en est peut-être rien : bien imaginaire ou octroyé. L’impératif est de respecter la liberté de l’autre et son autonomie, accepter les désaccords et les silences. D’ailleurs Saint Augustin emploie pour dire ‘Aime’ le mot latin ‘Dilige’ qui veut dire aimer d’une affection fondée sur le choix et la réflexion.
N’y a-t-il pas dans cette phrase convergence du message évangélique et de la morale ? Cette convergence ne doit pas induire une confusion. La foi n’est pas une morale. La foi, pour reprendre une phrase d’Albert Desserprit, ‘c’est la rencontre de quelqu’un en qui on a mis toute sa confiance. L’évangile, c’est l’annonce et la découverte de qui est Dieu.’