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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

Dans le langage commun, les miracles sont considérés comme des événements qui sortent de l’ordinaire, comme des faits dont on ne peut fournir aucune explication rationnelle. Ce ne fut pas toujours le cas.
En fait, cette conception s’enracine au 13e siècle, à cette période du Moyen-Âge qui voit se développer une nouvelle conception du monde grâce à la philosophie d’Aristote. C’est à cette époque que s’installe l’idée que l’univers possède une intelligibilité propre. En d’autres termes, les événements ont des causes proportionnées à leur apparition et Dieu en est la « cause première ». Dieu n’est plus un intervenant sans cesse requis pour expliquer tel ou tel phénomène. Dès lors l’univers sera de moins en moins considéré comme l’effet de l’agir d’entités spirituelles. Cette conception s’est affermie et développée aux 16e (la Renaissance) et 17e siècles qui virent l’apparition des sciences modernes. Elle n’a fait que s’amplifier pour nous conduire à la vision sécularisée contemporaine.
Cette situation est en rupture avec les conceptions dominantes de l’Antiquité. La question portait alors sur la signification à accorder aux événements. Il fallait surtout savoir si tel ou tel fait avait pour origine Dieu ou une autre puissance spirituelle. Cela explique que les thaumaturges étaient nombreux. La question à leur endroit n’était pas de savoir si ce qu’ils réalisaient était d’origine spirituelle ou non, mais pour qui « ils Å“uvraient ». C’est ainsi que l’on a reproché à Jésus d’agir grâce aux démons ce à quoi il répondit qu’une maison divisée contre elle-même court à sa perte.
Ayant situé la question, nous découvrons que le miracle n’est pas d’abord de l’extraordinaire mais une question d’attitude : d’où vient ce qui m’arrive ? de quoi, de qui est-ce le signe ? Si Jésus est un foyer, c’est qu’il invite toujours à tourner le regard vers l’origine de la situation de ses interlocuteurs, et finalement vers l’origine du monde. Il invite à jeter sur les réalités du monde un regard apte à discerner les « signes des temps », les signes du Royaume, en définitive, les signes de la présence de Dieu. Il invite à ouvrir les yeux sur ce qui se passe : la Résurrection est à l’Å“uvre.
Il est alors clair que tel ou tel événement exceptionnel se prêtera davantage à cette lecture que tel ou tel autre plus ordinaire. Mais il ne s’agit plus d’opposer l’explication scientifique à cette interprétation fondamentale. Chacune est dans son ordre. Nous sommes invités à discerner les traces de la puissance de Résurrection à l’Å“uvre dans le monde au cÅ“ur même de celui-ci décrit partiellement par les sciences modernes.