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7ème dimanche 18-19 février 2012 / Marc 2,1-12
4ème dimanche de l’Avent L’annonciation à Marie (17/18 décembre 2011)
2ème dimanche de l’Avent 4 décembre 2011
Fête de l’Assomption de la Vierge Marie 15 Août 2011
Matthieu 15, 21 – 28 14 Août 2011
Matthieu 14, 13 – 21 31 juillet 2011
Humour spirituel pour sourire et réfléchir.
Site de dessins humoristique ou didactique de Marie-Pierre et Patricia concernant les relations dans l’église et ses rapports avec la société actuelle.

Le rêve de Joseph : Quand les mages se sont retirés, voici : un ange du Seigneur paraît à Joseph. Il dit : « Réveille-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère, fuis en Egypte. Reste là jusqu’à ce que je te dise : car Hérode va chercher l’enfant pour le perdre (apollumi). »
La mise en œuvre du rêve : Joseph se réveille, il prend avec lui l’enfant et sa mère, de nuit, et il se retire en Egypte. Il reste là jusqu’à la fin d’Hérode, pour que soit accompli le mot dit de la part du Seigneur par le prophète : D’Egypte, j’ai appelé mon fils (Osée 11,1).
La fureur de l’homme bafoué : Alors Hérode voit que les mages l’ont bafoué (énépaichthè) ; il est dans une extrême fureur. Il envoie exécuter tous les enfants dans Bethléem et dans toutes ses frontières, de deux ans et en dessous, selon le moment qu’il s’était fait préciser auprès des mages. Alors s’accomplit le mot dit par Jérémie le prophète : ‘Une voix dans Rama (1) s’entend, pleur, plainte nombreuse. Rachel pleure ses enfants. Elle ne veut pas être consolée parce qu’ils ne sont plus.’ (Jérémie 31,15) (1)
Deuxième rêve de Joseph : Hérode meurt. Voici : un ange du Seigneur paraît en rêve à Joseph en Egypte. Il dit : « Réveille-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère. Va en terre d’Israël, car ils sont morts ceux qui cherchaient la vie de l’enfant. »
La mise en œuvre du rêve : Il se réveille, prend avec lui l’enfant et sa mère, et vient en terre d’Israël. Entendant qu’Archélaos règne en Judée, à la place de son père Hérode, il craint de s’en aller là . Averti en rêve, il se retire du côté de la Galilée. Il vient habiter dans une ville appelée Nazareth, pour accomplir le mot dit par les prophètes qu’il (Jésus) sera appelé le Nazoréen (2).
Quelques éléments pour la lecture de ce récit
Luc – Matthieu : Il y a quatre évangiles conservés par la tradition chrétienne (Matthieu, Marc, Luc et Jean) ; deux seulement évoque la naissance et l’enfance de Jésus. Dans le récit de Luc les acteurs principaux sont Marie, l’ange et les anges, les bergers : ces derniers sont pris en considération puisqu’ils sont les premiers à ‘reconnaître’ Jésus comme sauveur. Avec ces acteurs on reste dans un univers relativement privé. Dans le récit de Matthieu, les acteurs principaux sont Joseph, l’ange, les mages et Hérode. Avec eux on accède à un univers plus large et plus publique ou politique.
Le récit (si on garde le texte dans son intégrité, ce que ne fait pas le découpage liturgique officiel) comporte trois moments.
Le premier rêve et sa mise en œuvre. C’est dans le rêve que surgit l’ange. Le mot rêve peut nous faire dire ‘rêveries’ et ‘illusions’. Mais la tradition culturelle (et le travail introduit, dans les temps modernes, par la psychanalyse) nous apprend que le rêve peut aussi être un moment déterminant, décisif dans l’élaboration de la pensée et de l’action. La manifestation de l’ange (le messager) souligne aussi cette valeur constructive du rêve.
Aussi il n’est pas surprenant que Joseph mette en œuvre ce qu’il y a entendu. Et ce départ marque aussi une remontée dans l’histoire de son peuple, une replongée dans un moment décisif de sa constitution : la vie en Egypte avant la libération entreprise avec Moïse. Ainsi Joseph et son épouse, la mère de l’enfant renoue avec l’histoire.
La violence d’Hérode. Le texte dit qu’Hérode est bafoué par les mages. Il ‘s’est fait avoir’ ! Sa fureur est bien compréhensible surtout s’il redoute que la parole des mages arrivent à se réaliser, le défaisant de son pouvoir politique : les mages ont parlé d’un ‘berger’ pour le peuple d’Israël, faisant allusion à la vocation originale de David. Mais Hérode ne peut entendre cette expression que comme une menace de ravir le pouvoir politique. Et, en politique (comme ailleurs aussi) le rival, il faut l’éliminer !
La mise en réalité du rêve de Joseph permet que cette décision d’élimination ne se réalise pas pour l’enfant de son épouse. Mais cette réalisation n’est pas sans conséquence pour d’autres mères et d’autres enfants : la mort, les massacres, ne sont pas rayés de l’histoire. Le deuxième rêve et sa mise en œuvre. Le retour ne se fait pas dans la ville de David, Bethléem, ni dans la capitale religieuse et politique d’Israël, Jérusalem. Le retour se fait dans une petite bourgade (une bourgade pour laquelle la référence à un texte prophétique est imprécise). Mais ainsi, si Jésus n’est pas propulsé à une vocation royale de gouvernement politique, il y gagne en réalité d’incarnation et d’humanisation. Il n’est pas déjà un ‘personnage’ extraordinaire mais il pénètre dans la réalité de l’incarnation, se faisant ainsi homme parmi des hommes de son temps.
Peut-être, alors, que nous pouvons saisir la force de ce récit : d’une part, il y a une réalité qui pourrait n’être qu’un rêve, une illusion et il faut le réveil de Joseph pour que ce qui a été annoncé se concrétise. D’autre part, il y a la violence d’Hérode qui introduit une puissance destructrice, une puissance de mort. Or la vie, la vraie vie, n’a-t-elle pas à se développer entre l’illusion et la mort ?
Alors ce récit, qui peut paraître si naïf dans une lecture rapide, prend une densité assez étonnante : il dit la vérité de l’incarnation de Jésus, il dit la vérité de nos existences quand ‘nous gardons les pieds sur terre’.
(1) Rama est situé à quelques kilomètres de Jérusalem : c’était le point de rassemblement des déportés au moment de l’Exil de Babylone.
(2) Nazoréen : ce mot peut évoquer le village de Nazareth ; il sera utilisé par St Jean pour désigner Jésus au moment de sa condamnation à mort ; mais ce mot évoque aussi, peut-être, le ’Nazir’, celui qui est consacré à Dieu par vœu.