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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

S’il nous arrive parfois (rarement !) d’utiliser les expressions « Cela a été un vrai miracle... » ou « Il faudrait un miracle pour que... », dans un sens très commun (de même que « Si par malheur il arrivait que... »), ce n’est que très rarement que nous avons discuté, ou discutons, avec nos enfants, tant de « miracle » que de « conte » !
Je me souviens de mon embarras lors de la présentation d’une exposition d’ex-voto à un groupe de personnes handicapées : il est en effet très délicat de parler de « guérison », de « miracle » à un personne handicapée ou âgée ; il m’arrive toutefois, de temps en temps, de parler avec des personnes âgées de Notre Dame de Lourdes et de pèlerinages à Lourdes : ces personnes me disent être beaucoup plus frappées par l’ambiance qu’elles vivent dans ces pèlerinages que par d’éventuelles guérisons qu’elles pourraient en attendre ; elles sont heureuses d’être là , parmi d’autres personnes comme elles pour prier la Vierge. (J’avoue que, personnellement, je me suis laissé prendre à cette ambiance, à mon corps défendant... !)
L’exigence de l’Eglise d’un, voire de deux miracles, pour être inscrit sur le calendrier romain de la « sainteté » nous fait quelque peu sourire : il y a en effet tant de saints quotidiens qui sont ignorés par ledit calendrier, tant de soi-disant « saints » qui ont été retenus dans ce même calendrier !... N’insistons pas !
Par contre, pour moi, un miracle, c’est :
Le miracle de cette femme d’abord allongée sur son lit, pleurant, qui, après avoir crié sa souffrance de vieillir, se relève pour recevoir le corps du Christ..., puis dit « au revoir » avec un grand sourire.
Le miracle de cette femme acceptant enfin de recevoir chez elle et de parler après plusieurs semaines de renfermement sur soi suite à la vente de sa maison qui signifiait, pour elle, un non-retour définitif...
Le miracle de cet homme, en fauteuil roulant, me serrant longuement et fortement la main alors qu’il y a quelques mois il refusait de me rencontrer et de m’adresser la parole : vraiment, il n’y a pas de mot pour dire ce qui vous passe par les tripes à ce moment là ...
Et puis le miracle, c’est aussi :
Le miracle du sourire d’un passant que vous saluez dans la rue ; d’une jeune fille qui, dans le métro, vous propose sa place assise (il y a tellement longtemps qu’on ne voyait plus cela !) ; de ce distributeur de journaux de rue qui, chaque fois qu’on le croise vous salue...
Le miracle d’une famille enfin réunie autour d’une table...
Le miracle de la joie de cette femme de notre quartier recevant en garde un petit chien en « remplacement » de son chien mort depuis un an...
Le miracle de revoir le printemps après une lourde et difficile opération...
Ne sont-ce pas là les « miracles » du quotidien qui nous sont donnés à voir chaque jour et qui donnent un peu de baume au cÅ“ur de l’autre... et au nôtre, dans un environnement souvent difficile et ingrat ? Pour moi, c’est cela le miracle, c’est cela « Noël chaque jour ». D’ailleurs, n’est-ce pas ce que le Christ faisait au cours de ses « miracles » : « Il regarde autour de lui... » (Mc 5,32) ; « Jésus voit un homme aveugle... » (Jn 9,1) ; « Mais lui, prenant sa main, l’appelle... » (Lc 8,54) ; « Jésus tend la main, le touche... » (Lc 5,13) ; « Il se penche sur elle... » (Lc 4,39) ; « Jésus va vers eux... » (Lc 7,6) ; « Jésus entend et il admire... » (Lc 7,9) ; « Quand le Seigneur le voit, il est remué jusqu’aux entrailles pour elle... » (Lc 7,13) ; « Il s’approche, touche le brancard... » (Lc 7,14)...
N’avons-nous pas, nous aussi, l’occasion, le « pouvoir », le « devoir » de provoquer ces multiples petits « miracles » quotidiens en regardant l’autre, en prenant la main de l’autre, en se penchant vers l’autre, en essuyant les larmes de l’autre, en approchant l’autre, en allant vers l’autre... ? Mais cela nous éloigne du calendrier romain !!...