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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

La bible est un immense ouvrage littéraire qui rassemble des livres comme les rayons d’une bibliothèque. La composition de ces livres s’étale sur une période qui commence vers le 8ème siècle avant Jésus-Christ et s’achève à la fin du premier siècle après Jésus- Christ. La première page du livre placé en tête de cet ouvrage, la Genèse, peut être considérée comme une préface : le poème de la création. Comme toute préface, sa rédaction peut avoir été faite quand l’essentiel du livre de la Genèse a déjà été rédigée. La date exacte de sa rédaction n’est pas connue, pas plus que le nom du ou des rédacteurs de ce texte.
Deux chiffres révélateurs : Dix fois le texte utilise l’expression : “ Dieu dit … ” Or, pour les juifs, le chiffre dix est le nombre des paroles que Moïse reçoit de Dieu sur le mont Sinaï et qui constitue la loi fondamentale nommée souvent ‘les dix commandements’. Ainsi l’acte qui a permis la constitution de la loi qui organise la vie commune du peuple d’Israël sert de référence pour composer le poème de la création. Surgit aussi le chiffre sept puisque le poème décrit la création en sept jours, le chiffre de la semaine (le dernier est le jour chômé, sans travail, pour la joie du vivre ensemble). Le cycle lunaire de 28 jours est divisé en quatre périodes de sept jours. Le calendrier en usage chez les juifs, comme dans la plupart des civilisations, sert de repère pour la rédaction du poème. Tout lecteur peut aussi faire attention aux verbes du poème : il s’agit toujours de sortir d’un chaos initial, le tohu-bohu, pour que soit constitué un ‘cosmos’, c’est un univers organisé où chaque chose et surtout chacun a une place sans marcher sur les pieds de l’autre, sans vouloir l’éliminer pour agrandir son espace.
Un couple premier : le masculin et le féminin. Un commentateur juif écrit : “ Un homme qui n’a pas connu de femme ne peut être appelé Adam. C’est clair, de même que pour la femme. Au delà de l’accouplement et de l’union, la véritable possession de l’être humain par lui-même, c’est l’atteinte de l’étape décrite dans notre verset et dans laquelle le principe féminin et le principe masculin se rencontrent, unis par des liens d’égalité et de différenciation en chacun de nous. » [1]
Une belle page à lire et à relire.
[1] A bible ouverte, Albin Michel 1978,