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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

Ce petit livre que beaucoup s’étonnent de trouver dans la Bible a provoqué quantité de débats passionnés. … Le recours au vocabulaire de la tendresse physique a paru choquant. Alors, tant dans le judaïsme ancien que dans la tradition chrétienne, on a développé des interprétations allégoriques : poème des fiançailles entre Dieu et son peuple, entre le Christ et son Église, entre Dieu (ou le Christ) et l’âme humaine … Ainsi pensait-on justifier la présence de ce texte dans la Bible dont on a attribué, parfois, la rédaction à Salomon (970 – 931 avant J-C). Or la rédaction de ce bref ouvrage qui fait partie de la ‘littérature de sagesse’ est beaucoup plus récente même si elle témoigne d’écrits divers produits à des périodes différentes et dans des lieux géographiques variés.
André Chouraqui, témoin de la tradition juive, écrit : « Les trois motifs qui forment la trame du poème se retrouvent dans la Bible toute entière : la création, la chute ou l’exil, la rédemption ou le renouvellement. … Rabbi Aquiba l’a dit : ‘Le monde n’avait ni valeur, ni sens avant que le Cantique des cantiques fût donné à Israël.’ En lui, nous lisons le poème sacré par excellence, celui qui célèbre l’amour absolu, dans des perspectives et sur des rythmes qui font écho à la sublimité du chant des univers. » (La Bible, éd. Desclée de Brouwer 1985)
Dans l’introduction à ce livre, des exégètes protestants précisent : ce livre appartient à la littérature de sagesse qui se donne pour horizon le monde des humains et ses mystères. « De fait, la majeure partie des exégètes penchent aujourd’hui pour le sens le plus littéral : le cantique apparaît comme l’expression de l’émerveillement face à l’expérience de l’amour entre un homme et une femme. » (‘La nouvelle Bible Segond’, Alliance biblique universelle 2002, p. 847)
Dans le monde catholique on risque de faire l’impasse sur cette motivation de la rédaction de l’ouvrage, comme en témoignent les notes de l’édition de la ‘Bible de Jérusalem’ de 1998.
Une traduction récente est l’oeuvre de Jean-François Six avec un commentaire intitulé : ‘Dialogue entre Lui et Elle’.