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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

Il n’y a pas de trahison sans un lien préalable de fidélité ou de confiance. Nul ne se sent jamais trahi par quelqu’un en qui il n’a pas confiance. Nul n’est jamais trahi par son ennemi ou une personne qui lui est indifférente. La trahison s’exprime donc au sein même de la confiance. C’est l’ombre de la confiance. C’est une fracture profonde et douloureuse.
Judas et Pierre ont tous deux trahi Jésus en rompant le lien qui les unissait au Seigneur, le premier en le livrant, le second en le reniant. Mais suite à cette trahison, ils ont réagi différemment. Judas, ne parvient plus à redevenir « sujet » et met fin à sa vie. Au contraire, Pierre, sur lequel « Jésus se retournant, posa son regard », se relève, reste debout et redevient « sujet ». Il a la certitude d’être aimé malgré son péché. Jésus trahi, seul sur la croix, ne se replie pas sur sa solitude mais pose encore et toujours son regard d’amour sur notre humanité.
La trahison fait partie intégrante de nos vies personnelles ou professionnelles. Elle se manifeste notamment dans l’exercice de notre métier d’avocat. La relation qui unit un avocat à son client est fondée sur « l’intuitu personae » c’est-à -dire un lien particulier qui s’instaure « en fonction de la personne ». Il doit y avoir une confiance réciproque, d’une part, entre l’avocat et son client, d’autre part, entre l’avocat et les Juges pour que l’avocat soit un lien utile entre ces deux mondes souvent bien éloignés.
La trahison se manifeste donc dans chaque lien, dès que la confiance est rompue et ce par exemple :
lorsque le client ment à son avocat ou ne dit pas tout, pensant ainsi à tort être mieux défendu et pouvoir le manipuler.
lorsque la justice est expéditive, partiale, froide, coupée des justiciables et donc de l’humanité qu’elle doit avant tout servir.
lorsque l’avocat se lasse de ses semblables, de leurs défauts, n’entend plus les cris d’injustice ou d’innocence, porte en justice une parole qui n’est plus libre ou ajustée.
Puisque la Justice n’est composée que d’Hommes, et pour que la confiance demeure, chaque acteur de la Justice doit rester vigilant, apte au doute et à l’humilité. L’idéal serait de faire comme Jésus avec Pierre, toujours « se retourner et poser son regard » sur son prochain.