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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

« C’était écrit » : curieuse formule associée par la tradition populaire à la notion de fatalité, alors même que ce mot renvoie à la parole proférée. La racine « fa », en effet, signifie en latin comme en grec « parler , dire ». On la retrouve en français dans les mots fable, faconde, fameux ou infâme, mais aussi enfant (celui qui ne sait pas encore bien parler). Quant aux fées, qui se penchent sur le berceau de cet enfant, elles fixent par leurs paroles ce que sera le sort de celui-ci.
La fatalité est donc à l’origine cette parole souvent proférée par l’oracle d’un dieu, qui énonce et scelle définitivement le destin auquel sera assujetti un homme et parfois aussi sa lignée. Tout effort pour la conjurer est dès lors vain.
Le mythe d’Oedipe, relu dans son intégralité, est à cet égard exemplaire. Ce héros dont la vie, comme avant lui celle de son père, est entièrement tracée par la parole performative du dieu Apollon, a beau agir et réagir de toutes ses forces et de toute son intelligence pour se libérer de ce « fatum », il y est inévitablement ramené. Tragique destin que celui de ce personnage dont l’histoire invite à réfléchir sur la revendication de liberté, sur la responsabilité et/ou la culpabilité : autant de mots qui, dans la condition humaine, s’opposent à celui de « fatalité ».