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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

Nous sommes tous égaux aux yeux de Dieu.
Mais l’inégalité est la norme du genre humain : lorsqu’un enfant naît, il ne choisit ni ses parents (et ce que ces derniers vont pouvoir lui transmettre) ni son pays (accès à l’éducation, accès à la formation et à un emploi, accès à la culture, accès à la santé, accès au droit…).
Face à ce constat d’inégalité, les rédacteurs de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789 ont proclamé, à l’article 1er , que « tous les hommes naissent libres et égaux en droits ».
L’égalité serait un droit naturel, inaliénable et sacré de l’Homme.
Mais il n’est pas absolu. Pour preuve, les rédacteurs de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen ont, après leur proclamation solennelle, précisé que « Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune ».
Cette égalité proclamée pose le principe d’une égalité des citoyens devant la Loi qui régit la société : l’accès de tous à une même Justice et la même Loi appliquée à tous de la même manière.
Tel n’est pourtant pas le cas.
En ce qui concerne l’accès au droit, il est bien évidemment plus difficile lorsque le justiciable a peu de revenus. Si les citoyens les plus démunis peuvent bénéficier de l’aide juridictionnelle, l’Etat ne verse qu’une faible indemnisation forfaitaire à l’avocat sans aucun rapport avec le travail réellement effectué, le risque étant d’avoir une défense des pauvres et une défense des riches.
En ce qui concerne la Loi elle-même, là encore le principe d’égalité reste théorique. A titre d’illustration, s’agissant des règles de vie en société et notamment de la détermination des actes infractionnels, nous sommes tous soumis aux mêmes textes juridiques et, principalement, au Code Pénal. Toutefois les droits de la défense sont singulièrement différents selon la nature des infractions et la personne du prétendu délinquant : la justice réserve beaucoup moins de temps lors des audiences au délinquant ordinaire qu’au délinquant dit en « col blanc » ! Toutefois, une application égalitaire des textes pourrait dans certains domaines aboutir à des situations injustes. Le voleur de pomme ou le voleur de voiture sont soumis au même texte du code pénal qui prévoit une peine maximale pour l’infraction de vol. Il ne détermine toutefois pas de peine « plancher », ce qui permet au Juge d’individualiser la peine en fonction de chaque affaire et de la personnalité du prévenu. Dans le cadre de la campagne électorale, certains candidats proposent d’instaurer des peines planchers pour les délinquants récidivistes. Une telle solution, certes plus égalitaire, risque néanmoins de créer des situations injustes puisque les magistrats perdront leur pouvoir d’appréciation sur le quantum de la peine. L’égalité absolue n’est donc pas forcément synonyme de Justice.
S’agissant d’autres domaines, comme celui du droit du travail, la Loi tente de réduire les inégalités et intervient pour protéger ceux qui sont considérés comme les plus faibles : protection accrue des droits des salariés face aux droits des employeurs, protection accrue des jeunes au travail, protection accrue des salariés en situation précaire….
La Loi peut même créer des inégalités pour lutter contre cette même inégalité : c’est la question des quotas, favorisant l’accès à des emplois à des fonctions ou à une formation, de populations minoritaires (femmes, jeunes issus des banlieues défavorisées, handicapés…..) et ce, au détriment de tous ceux qui pourraient y prétendre.
Ainsi, malgré toute leur bonne volonté, l’égalité des Hommes ne sera jamais réelle sauf au regard de Dieu.