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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

Le rapprochement des mots "jeûne" et "non-violence" évoque Gandhi, le Mahatma, c’est-à -dire "La grande âme" qui fut l’initiateur des comportements de non - participation à toute forme de brutalité face à la domination britannique, en Inde, dans la première moitié du XXième siècle. Résistance pacifique, obstruction dépourvue d’agressivité, fermeté des convictions, obstination sereine et déterminée face à la violence des armes : telles sont les réponses de Gandhi, l’ascète, soucieux de rendre la liberté, la dignité et plus de justice à ses concitoyens sous le joug de la colonisation.
A la suite de Gandhi, Martin Luther King, Nelson Mandela et d’autres, utilisèrent la force de la parole mobilisatrice et de la persévérance dans l’affirmation des idées de justice et de paix contre lesquelles la répression ne peut que réveiller la conscience humaine.
La non-violence est à la fois une philosophie qui donne sens à la lutte et une stratégie qui permet l’efficacité dans l’action. Elle cherche à canaliser l’énergie constructive de ceux qui s’opposent pacifiquement pour leur permettre d’élaborer des stratégies de défense respectueuses d’autrui.
Toute attitude de passivité est à exclure de la non-violence, c’est pourquoi on lui adjoint l’adjectif "active". On parle alors de non-violence active. Gandhi pratiquait le jeûne en corrélation avec la non-violence active.
Le jeûne n’est pas une obligation prescrite par les Écritures même si la Bible le présente comme quelque chose de bon et de profitable. Le Livre des Actes présente des croyants qui jeûnent avant de prendre une décision importante (Actes 13,4 ; 14,23). Jeûne et prière sont souvent liés (Luc 2,37 ; 5, 33).
Le jeûne est une privation volontaire, partielle et momentanée de nourriture, mais d’autres jeûnes sont possibles. Le mot peut désigner aussi tout ce à quoi nous pouvons renoncer pendant un temps, pour mieux nous concentrer sur la réflexion, sur la rencontre avec l’Autre. Le jeûne devient alors détournement temporaire des choses de ce monde pour mieux se focaliser sur la recherche spirituelle, la vie intérieure, la méditation, la prière dans l’humilité et la joie que procure le renforcement du lien à l’essentiel.
Quelle lecture pouvons-nous faire en 2010, du rapprochement des mots jeûne et non-violence ?
En ce qui me concerne, je retiendrais le renoncement aux excès de la consommation pour un partage plus juste des richesses, de la planète et la mise en œuvre de toutes les énergies pour que l’intérêt supérieur de l’Homme soit enfin pris en compte ; c’est ce qui mobilise déjà de nombreuses volontés de par le monde.