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7ème dimanche 18-19 février 2012 / Marc 2,1-12
4ème dimanche de l’Avent L’annonciation à Marie (17/18 décembre 2011)
2ème dimanche de l’Avent 4 décembre 2011
Fête de l’Assomption de la Vierge Marie 15 Août 2011
Matthieu 15, 21 – 28 14 Août 2011
Matthieu 14, 13 – 21 31 juillet 2011
Humour spirituel pour sourire et réfléchir.
Site de dessins humoristique ou didactique de Marie-Pierre et Patricia concernant les relations dans l’église et ses rapports avec la société actuelle.

Paroisses St Alban et St Maurice 11 et 12 septembre 2010
Luc 15 : trois paraboles
La liturgie de ce dimanche propose la lecture des trois paraboles qui sont souvent nommées ‘les trois paraboles de la miséricorde’. Comme cette lecture est assez longue et qu’elle mérite de retenir toute notre attention, on supprime les autres lectures proposées. Les deux premières paraboles (Luc 15, 1 – 10) sont lues en ‘première lecture’ suivie d’une brève méditation et d’un temps musical et la troisième (Luc 15, 11 – 32) en ‘deuxième lecture’. Cette troisième lecture est encadrée par le chant de l’Alleluia. Elle est aussi suivie d’un temps de méditation. Quelques jeunes de l’aumônerie scolaire ‘Sainte Geneviève’, qui participent ce dimanche à l’animation de la messe, assureront les méditations sur ces deux étapes du texte évangélique.
Première Lecture (Luc 15, 1 – 10)
1. Tous les publicains et les pécheurs s’approchent de Jésus pour l’écouter.
2. Les pharisiens aussi bien que les scribes murmurent en disant : ‘Celui-là accueille des pécheurs et il mange avec eux.’
3. Alors, Jésus leur dit cette parabole :
4. ‘ Quel homme parmi vous qui a cent brebis s’il en perd une seule d’entre elles, ne quitte les quatre vingt dix neuf dans le désert pour aller après la "perdue" jusqu’à ce qu’il la trouve ? (note 1) Quand il l’a trouvée, il la pose, joyeux, sur ses épaules,
5. Il vient au logis, il convoque les amis et les voisins et il leur dit : "Réjouissez-vous avec moi parce que j’ai trouvé ma brebis, la perdue. " ?
6. Je vous dis : ‘Ainsi il y aura joie dans le ciel sur un seul pécheur qui se transforme plus que sur quatre vingt dix neuf justes qui n’ont pas besoin de transformation (note 2)
7. Ou quelle femme, ayant dix drachmes, si elle a perdu une drachme, n’allume une lampe et balaie la maison, et cherche avec soin jusqu’à ce qu’elle trouve ?
8. Quand elle a trouvé, elle convoque les amies et voisines. Elle dit : "Réjouissez-vous avec moi, parce que j’ai trouvé la drachme que j’avais perdue."
9. Ainsi je vous dis, il y a joie en face des anges de Dieu sur un seul pécheur qui se transforme.
Deuxième lecture (Luc, 15, 11 – 32)
11. Jésus dit : ‘ Un homme avait deux fils.
12. Le plus jeune des deux dit au père : "Père, donne-moi la part de patrimoine qui me revient." Il leur distribue le bien. (note 3)
13. Après pas beaucoup de jours, le plus jeune fils rassemble tout et part vers un pays lointain. Et là , il disperse son patrimoine en vivant hors du salut (note 4)
14. Quand il a tout dépensé, survient une forte famine sur ce pays-là ; et lui il commence à manquer.
15. Il va s’attacher à l’un des citoyens de ce pays-là qui l’expédie dans ses champs paître des cochons.
16. Il désirait remplir son ventre des caroubes que mangeaient les cochons et personne ne lui donnait.
17. Il rentre en lui-même et dit : "Tant de salariés de mon père ont des pains en surplus, et moi, ici, de famine je suis perdu.
18. Je me lève et j’irai vers mon père et je lui dirai : Père, j’ai péché envers le ciel et à ta face.
19. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme un de tes salariés."
20. Il se lève et vient vers son père. Il est encore éloigné, à grande distance, son père le voit. Il est remué jusqu’aux entrailles (note 5). Il court se jeter à son cou et le baise longuement.
21. Le fils lui dit : "Père, j’ai péché envers le ciel et à ta face. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils."
22. Le père dit à ses serviteurs : "Vite, apportez une robe longue, la plus belle, vêtez-le. Donnez un anneau à sa main et des chaussures aux pieds.
23. Apportez le veau gras, sacrifiez-le, mangeons et festoyons :
24. Mon fils que voilà était mort et il revit, il était perdu et il est trouvé. » Ils commencent à festoyer."
25. Le fils aîné de lui était au champ ; et comme, en revenant, il approche de la maison, il entend symphonie et chœurs.
26. Il appelle à lui un des garçons et s’enquiert : "Qu’est-ce que ça peut être ?"
27. Il lui dit : "Ton frère est venu. Ton père a sacrifié le veau gras parce qu’il l’a recouvré en bonne santé."
28. Il se met en colère et ne veut pas entrer. Son père sort et le supplie.
29. Il répond et dit à son père : "Voilà tant d’années que je te sers, et jamais je ne suis passé à côté d’un commandement de toi, et à moi, jamais tu n’as donné un chevreau pour qu’avec mes amis je festoie.
30. Et ton fils que voilà , qui a dévoré ton bien avec des prostituées, quand il revient, tu sacrifies pour lui le veau gras." (note 6)
31. Il lui dit : "Enfant, toi tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. (note 7)
32. Mais il fallait bien festoyer et se réjouir parce que ton frère que voilà était mort, et il vit, perdu, et il est trouvé." (note 1)
Note 1. : le verbe est bien ‘trouver’ et non pas ‘retrouver’.
Note 2. : le verbe grec employé ici – métanoeö – est souvent traduit par convertir ; or ce mot ‘très religieux’ ne met pas assez en relief qu’il y a un changement radical dans la pensée et, sans doute, dans le comportement : penser de façon neuve.
Note 3. : curieusement, le verbe employé ici, bios, désigne soit la vie, l’existence soit les moyens de vivre et il n’est pas accompagné du pronom possessif ‘son’. Au v. 30, l’aîné désignera le patrimoine reçu par le cadet comme ‘ton’ bien, c’est à dire celui du père, comme si le père n’avait pas fait ce partage du bien entre les deux enfants.
Note 4. : plusieurs traductions écrivent : en menant une vie de désordre ; hors le mot employé ici est la forme négative du mot ‘salut’ ou ‘ sauvé’.
Note 5. : les entrailles, ce mot désigne les viscères de l’animal ou de la bête, puis aussi le ventre maternel où se développe l’embryon, et ce lieu mystérieux des émotions vitales les plus profondes.
Note 6. : ici, le texte emploie ‘ton’ bien comme si le bien donné …n’avait pas été réellement donné ou reconnu comme donné.
Note 7. : ‘Enfant’, le mot grec désigne le ‘rejeton’ celui qui n’est pas encore détaché de ses géniteurs.
Quelques remarques pour l’étude du chapitre 15 de l’évangile de St Luc
Remarques préliminaires. 1. Il faut toujours se méfier des titres donnés aux récits comme aux paraboles des évangiles qui privilégient une lecture du texte. Pour ce passage, le missel reprend un titre de la tradition catholique : ‘les trois paraboles de la miséricorde’, qui est utilisé dans des traductions catholiques (par ex. Osty en 1949, SÅ“ur Jeanne d’Arc en 1993 - celle-ci précise que ce passage est propre à l’évangile de Luc - , La Bible de Jérusalem en 1998.) Mais ni la traduction de Chouraqui 1985, ni celle de Segond 2002 ne retiennent ce titre. Il faut aussi se méfier de coller sur l’homme, sur la femme ou sur le père l’image de Dieu (ou de Jésus). car ces récits parlent aussi des conditions qui nous font devenir humains. 2. Le chapitre 15 de Luc rassemble trois paraboles de Jésus. Le point commun de ces paraboles est : « j’ai trouvé ( et non pas retrouvé) ce qui, ou celui qui, était perdu. » Chaque fois c’est ce couple ‘perdu – trouvé’ qui est utilisé.
Les deux premières paraboles. Dans la première, il s’agit d’un homme ; dans la deuxième il s’agit d’une femme. L’un et l’autre sont mis en route par la perte d’un objet de faible valeur qui prend soudain une grande valeur à leurs yeux. Ils cherchent, ils trouvent. Alors la parole naît sur leur bouche et, avec elle, la présence d’amis et de voisins : « Réjouissez-vous … ». Fallait-il cette perte, cette recherche et cette découverte pour qu’ils se découvrent des amis avec qui parler ? Il est possible de préciser le parcours accompli par ces deux acteurs mis en scène. Perdre : l’homme perd 1/100ème de son bien, la femme 1/10ème de son bien. Cette perte provoque un ébranlement, quelques chose qui déstabilise, qui met en péril l’identité des personnages. (Quand on perd quelques chose ou quelqu’un qui tient de la place …). Chercher : Cette perte aurait pu figer et décourager. Dans ces récits, cette perte met en mouvement. La parabole de la femme est très bavarde sur cette mise en mouvement : allumer la lampe, balayer la maison. Aller chercher dit seulement la parabole de l’homme qui, lui, sort de l’intérieur de sa demeure. Ce déplacement, cette quête ne sont-ils pas l’expression naissante d’un désir ? C’est un risque, une aventure, une marche qui signent la vitalité et la persévérance de cet homme et de cette femme. Trouver : Si la parabole était écrite comme nous l’entendons ordinairement, il y aurait le verbe ‘retrouver’. Or c’est ‘trouver’ qui est écrit. Retrouver dirait un retour, comme on revient de là où on était parti et où tout rentre dans l’ordre. A la surprise de ce verbe ‘trouver’ le récit ajoute pour l’homme : ‘ma’ brebis parce que, sans doute, elle n’est plus seulement le 1/100ème du troupeau. Trouver est une situation nouvelle. L’objet qu’on tient, brebis ou drachme, n’est pas le même que l’objet perdu. Il a pris une valeur autre, une signification autre. Il est autre. Alors l’homme et la femme aussi sont autres. C’est ce que met en valeur le mot final : se réjouir. Se réjouir : A celui comme à celle qui étaient seuls, désormais surgissent des amis et des voisins avec lesquels il est possible de se réjouir et de converser : lieu ouvert à la parole et à la fête, jaillissement de la jouissance. Quel chemin parcouru !
La troisième parabole. C’est dans le dynamisme évoqué dans les deux paraboles que peut être lu la troisième. Là sont mis en valeur la transformation opérée par le fils cadet et le commencement de la transformation de l’aîné, sans oublier la transformation de celui qui est un homme et qui partage sa vie (ses biens) entre ses deux enfants pour devenir un père accueillant, découvrant les dimensions de la paternité. Note : Dans la peinture célèbre de Rembrandt, on peut remarquer que l’homme qui reçoit le fils cadet est à la fois homme et femme : les deux mains posées sur le dos de ce cadet sont la main forte d’un homme et la main fine d’une femme.
Après un verset introductif : « Un homme avait deux fils … », le récit peut se lire en deux épisodes, l’un consacré au cadet et l’autre consacré à l’aîné. Un fil conducteur de la lecture peut être le suivant : on ne naît pas père et fils, on le devient. La construction du lien ‘paternité – filiation’ n’est pas un lien qui se construit seulement sur une base biologique du géniteur et de l’engendré. Il se bâtit à travers une longue histoire dont ce récit permet de repérer deux éléments essentiels : la séparation et la distinction. La séparation : Si le père et l’enfant restent collés, si l’enfant reste l’objet de son père, le lien de filiation ne peut pas s’instaurer. Cela a déjà été inscrit dans le récit dit ‘du sacrifice d’Isaac’ (Genèse 22) : Abraham considère qu’il peut ( qu’il doit) ‘sacrifier’ son enfant comme la chose qui lui est la plus précieuse. Il apprend, par le geste de l’ange qui retient sa main meurtrière, qu’il doit seulement marquer la coupure - celle du couteau levé – entre lui et l’enfant pour que ce dernier devienne un sujet humain dont il ne peut disposer à son gré (un enfant devenu homme capable de se marier, Genèse 24). La distinction entre le besoin d’être nourri pour subsister (comme les ouvriers de mon père, comme pendant la famine) et le statut filial pour vivre : ce statut (vivre) n’est pas de l’ordre de la nécessité ; il est de l’ordre de la grâce, de la gratuité qui est signifiée, dans le texte, par la robe, l’alliance et les sandales, par le banquet. Alors la ‘conversion’ du cadet est naissance et non pas retour à la case départ : conversion car le cadet a changé à travers son parcours. Et l’homme qui le reçoit le fait encore changer quand il le reçoit non pas comme quelqu’un qui a besoin seulement de nourriture mais comme celui qui peut entrer dans la gratuité de la filiation : il peut recevoir sans avoir lui-même à donner et sans s’inscrire dans la dépendance alimentaire. Le banquet n’est pas le lieu pour ‘bouffer’, avoir sa part de subsistances alimentaires ; le banquet est le lieu de fête et ‘d’épousailles’. Peut-être que le fils aîné, lui aussi, amorce sa conversion, sa transformation en osant adresser une parole coléreuse à son père c’est à dire à amorcer une première distanciation Note : Ici je fais une lecture qui contredit la plupart des commentaires pieux qui voient l’aîné comme un modèle d’obéissance et de fidélité parce qu’il n’envisage aucune distinction entre lui et son père. Dans leurs relations le père et lui resteraient dans la confusion. Pourtant cet aîné avait reçu aussi sa part de bien : pourquoi faudrait-il que le Père lui donne un chevreau ? Et pourquoi le père est-il tenté de revenir à une situation d’avant le partage du bien, de la vie ?
A la fin de cette troisième parabole, Jésus n’ajoute pas de conclusion comme pour les deux premières. Ce n’est pas un oubli ni une négligence du rédacteur ! Mais, ainsi, cette parabole ouvre un espace de réflexion que Jésus ne vient pas clore prématurément. Le récit est laissé en suspend comme s’il devait susciter une réponse qui vienne du lecteur lui-même qu’il soit contemporain de Luc ou qu’il vive au 21ème siècle.