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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

Les remous provoqués par l’affaire « la jungle de Calais » puis par le renvoi de réfugiés Afghans démontre que beaucoup de Français sont choqués par la politique d’immigration et le cynisme du ministère qui se vante d’avoir augmenté de 55% le nombre de reconduites à la frontière entre 2007 et 2008 et de 24% le nombre des employeurs interpellés pour avoir donné du travail à des « sans papier ». Le ministre E. Besson a déclaré qu’« il y aurait un charter tous les mar- dis ». Les protestations n’y feront rien. Le journal Le Monde, le 31 octobre a judicieusement rappelé ces paroles du Président de la République le soir de son élection : « Je veux lancer un appel à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et les dictatures. Je veux dire à tous les enfants à travers le monde et à toutes les femmes martyrisées dans le monde que la fierté et le devoir de la France sera d’être à leur côté ».
Mais il est loyal de dire qu’un effort financier non négligeable a été fait pour améliorer les conditions de vie dans plusieurs centres de détention, mais il y a beaucoup à faire. La CIMADE a lancé un cri d’alarme car 320 260 personnes ont été placées en rétention en 2008, dans des conditions sou- vent très précaires bien que l’état se soit engagé dans un vaste plan de rénovation de ces centres. La CIMADE, si on lui en laisse la possibilité, s’attachera à suivre l’avancée des travaux promis. L’État a aussi promis d’augmenter les capacités d’accueil pour les demandeurs d’asile pendant tout le temps de la procédure, procédure qui peut s’étaler sur 6, 12 parfois 18 mois. Ceux qui ne trouvent pas de place dans les centres d’accueil dorment dans la rue, dans un squat, ou à la gare de Perrache, au milieu d’autres naufragés de la vie.
D’autre part, l’Office de protection des Réfugiés et Demandeurs d’Asile (O.F.P.R.A) et la Cour Nationale de Droit d’Asile (C.N.D.A) ont vu leur dotation substantiellement augmenter ce qui devrait améliorer leurs conditions de fonctionnement et permettre ainsi des décisions plus judicieuses. Mais tout n’est pas dans le budget et ce sont les méthodes et surtout l’état d’esprit des agents de l’O.F.P.R.A qu’il faut changer. D’autre part l’allocation temporaire d’ attente reste dérisoire et humiliante.
Il est loyal aussi de dire qu’on a constaté une légère augmentation du nombre de statuts délivrés aux demandeurs d’asile : 11 441 personnes ont été mises sous la protection de la France en 2008 soit 30% de plus qu’en 2007. Ainsi, le taux d’admission (’O.F.P.R.A plus C.N.D.A) est de 36%. Cela veut quand même dire que 64% des réfugiés politiques, victimes de violences, de viols, de tortures, de détentions dans des conditions ignobles sont rejetés pour des prétextes pour les moins discutables. Leur retour au pays les expose aux plus graves dangers.
La France doit appliquer rigoureusement la Convention de Genève dont je retranscris ici les termes adoptés par presque tous les pays du monde, publiée le 28 juillet 1951. Le statut de réfugié concerne « toute personne qui craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social, ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays… ». La Convention précise ensuite que ne peuvent bénéficier de cette protection ceux qui ont commis un crime de guerre ou contre l’humanité ou de droit commun.
La France est-elle du côté des victimes ?