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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

Parler de Jésus et de ses rencontres avec les femmes… l’idée m’a parue enthousiasmante, des femmes parlant de femmes, ce n’est pas si courant par les temps que nous traversons ! Et ces femmes, que m’apprennent-elles de Jésus, celui qui m’accompagne jour après jour ?
Celle qui m’a toujours étonnée par son audace et touchée au plus haut point, c’est la femme appelée "hémorroïsse". Quel terme affreux pour la nommer ! Fort heureusement, je décide de ne pas m’attacher à cette « étiquette » déplaisante et je découvre que son histoire est nichée, comme un joyau, au coeur de l’histoire de la petite fille de Jaïre qui sommeille mais que l’on croit mourante au tout début.
Comme pour chaque évangile lu, j’ose interpréter ce texte avec mes mots et vous livrer l’enseignement que j’en retire.
En ne m’arrêtant pas au premier niveau de lecture du texte, je peux voir symboliquement cette femme, qui saigne depuis tellement longtemps, comme une représentante de l’Humanité souffrant d’une perte d’énergie, venant de la perte de sens du divin, que rien ni personne n’est venu juguler avant Jésus. Elle devient alors plus proche de moi. Cette femme enfermée dans son "malheur " (on la dit incurable = pas soignable, personne n’a encore compris…) va oser faire une démarche interdite : toucher Jésus, la Source intarissable. On le voit bien dans le texte, ceux qui sont autour, dans la foule, ne touchent pas Jésus, ils le pressent, l’écrasent de leurs sollicitations, mais Jésus ne réagit pas. Seule, elle, va produire son retournement et sa propre guérison. C’est instantané ! Et Jésus se retourne pour regarder celle qui l’a touché, (étymologiquement) parce que son geste a "produit un choc".
Quel peut être ce choc ? Comme si elle avait volé quelque chose à Jésus en l’agrippant. Là est la force de cette "femme-humanité". Oui elle a sans doute mis un peu de violence dans son geste, de hargne désespérée. Elle touchait au but ! Elle a osé peut-être tirer fermement sur le vêtement de celui dont on lui a dit qu’il guérit, pour attirer son attention, son regard. Elle qui avait tout essayé n’avait plus rien à perdre. Pour retrouver le sens des choses divines rien de tel que de s’adresser au Fils ! Et "yes she did it !" pour reprendre une phrase désormais célèbre.
Quand on sait le statut de la femme au temps de Jésus, on mesure ce qu’il lui a fallu d’inspiration transgressive pour aborder un homme qu’elle ne connaissait pas ! Oui elle a transgressé une limite. Et Jésus, non seulement en est "retourné" mais il la cherche du regard et lui confirme que son acte est bien accueilli puisqu’elle est guérie. Si elle ne l’avait pas fait, où en serait-elle ?
Le Jésus que je rencontre ici est le véritable compagnon que je recherche. Celui, qui troublé par ma détresse, ne va rien me promettre d’inutile, ni jouer au « sauveur » pour me faire plaisir mais me pousse à chercher le chemin de guérison dans l’audace de traverser la distance qui me sépare de Lui. Chacun de nous peut "lever les obstacles qui empêchent l’homme de toucher à Dieu" écrit Yves Louyot (dans "Guérisons, religion, duel ou duo ?").
C’est à cette dimension de ma relation à Dieu que la rencontre de cette femme intuitive et déterminée m’ouvre. Sa guérison montre qu’elle avait raison d’oser. Elle a réussi, c’est-à -dire qu’elle a trouvé une issue à son long questionnement de sens (sang) sans devoir mendier, s’abaisser. C’est cela qu’elle me révèle (= ôter le voile). Avec détermination je peux aller là où me mène mon intuition au risque de franchir des frontières, voire des interdits pour rester debout et proche de Lui !
Pouvons-nous nous aussi nous inspirer de cette démarche aujourd’hui ? D’abord laisser monter l’intuition qui, en nous, nous dit d’aller vers Dieu, puis oser nous approcher de Lui, même et surtout si nous avons tout essayé et que nous sommes perdus… ? Lui, le chemin…