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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

Nos récits sont marqués par le poids du passé, de l’enfance, y compris de ce qui est inconnu à notre conscience. Et nos choix sont pris dans un réseau complexe d’actions et d’interactions qui nous déterminent et nous façonnent, pour partie au moins. Dès lors, nous pourrions vite penser que la marge de la liberté est bien mince. L’engagement affirme alors une responsabilité et une liberté réelles. Il affirme une latitude.
L’engagement pris publiquement, ou non, est un mode d’être, une manière d’être au monde – ce que l’humain peut faire de plus haut.
La promesse d’engagement pour toute la vie dit l’espérance qu’il est possible de se déterminer, par-delà l’émiettement du temps, y compris avec ses parts d’obscurité. Qu’il est raisonnable de ressaisir son histoire, telle qu’elle est, avec ses aléas, ses détours, ses chaos, ce qui nous déplaît de nous - même, ou ce dont nous avons offert, ce que nous ne comprenons pas. Par la promesse, l’existence est comme sauvée dans ce qu’elle comporte de précaire, de contingent, de révocable. Elle est revêtue de son sens transcendantal. Accomplissant cela, la parole d’engagement – y compris dans l’intime du sujet, l’orientation de vivre – est génératrice d’espérance pour qui s’y risque : il est heureux de nous éprouver responsable de ce nous faisons, de donner une cohésion à l’existence, de lui offrir un orient. Sans prétendre maîtriser l’avenir. Cette foi en soi, non naïve, parfois longue à venir, fait face au pessimisme sur la nature humaine, l’aveu d’impuissance devant les complications du temps : « De toutes façons, nous n’y pouvons rien, on verra bien ; je fais ce que je peux, on verra demain… » La conduite d’engagement s’oppose aux attitudes de retrait, d’indifférence. Elle est un style d’existence. En s’inscrivant dans une histoire contingente d’hivers et de printemps, elle énonce une vérité de soi. Qui est ni plus ni moins que d’affronter la mort, dans le fil de sa vie, pauvrement, mais pour de vrai. S’ajoute à cela que celui qui s’engage est générateur d’espérance pour les autres : il accepte de faire passer dans son existence d’autres existences, manifestant une inter - dépendance des récits, des destinées. L’histoire singulière s’en trouve alors dilatée, plus large qu’elle-même.
L’échec est la marque du caractère provisoire d’une vie d’homme où la grandeur est de s’aventurer. Non sans quelques bagages intérieurs, non sans amis, non sans connaissances, non sans appuis, suffisamment fiables pour étayer le nécessaire changement. Mais avec cette marque de l’incertitude qui fait le risque mais aussi, ô combien la grandeur – à la hauteur de chacun- du voyageur.