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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

Chaque dimanche, nous proclamons "Je crois en Dieu, le père tout puissant". Au risque de choquer beaucoup de chrétiens, je dois avouer que proclamer la toute puissance de Dieu m’est intolérable.
Je vais même jusqu’à penser que cette formulation est un obstacle à la foi. Elle met, en tous cas, un verrou à la pensée et à la réflexion.
A la position que j’exprime ici, abrupte et déstabilisante, répondent celle de Christiane Babolat qui découvre la puissance de Dieu dans la création et la beauté du monde, et celle de Marie-Christine Fonteniaud qui voit « l’énergie de Dieu » dans le quotidien de la vie des hommes.
Tout puissant ? Sans parler des catastrophes naturelles, le 20ème siècle qui vient de s’achever a accumulé les désastres et engendré tant de misères : famines , tortures, massacres en séries organisés entre autres par les nazis et les staliniens, par Pol-Pot et Pinochet et il ne faut pas oublier Hiroshima. L’humanité n’en peut plus de tant de souffrances sous le regard impuissant de Dieu Tout puissant.
La « toute puissance » de Dieu est aussi la négation de la liberté de l’homme et de sa responsabilité.
L’homme n’est plus ni saint ni pécheur, il n’est plus sujet mais objet soumis à son maître. N’est ce pas ce qui le fait rejeter par certains rationalistes n’acceptant "ni DIEU ni MAITRE" tout puissant ?
Je ne peux m’empêcher de penser à ce récit d’Edmond Michelet racontant un épisode tragique vécu dans un camp de déportation : un jeune garçon était frappé à mort, son crâne éclaté, entouré de déportés ne pouvant esquisser le moindre geste et l’un d’eux a dit « Où est le Tout Puissant ? » et Edmond Michelet de répondre « Dieu est là dans cet enfant ».
Et j’évoque aussi le beau texte du 1er livre des Rois (ch. 19). Elie devant sa tente cherche Dieu. Mais Dieu n’est ni dans le vent qui casse tout, ni dans la tempête ou l’ouragan, ni dans le feu dévastateur. Elie attend puis il entend un doux zéphire, c’était Dieu, la douceur de Dieu. Le Credo nous fait dire « Le Père tout puissant ». N’est ce pas contradictoire ? Un père n’impose pas. Le Père, notre Père, c’est celui qui dit « Va, lève toi et marche »
Alors, oui, je reprends à mon compte la belle expression d’Albert Desserprit : Dieu tout énergie qui insuffle l’action des hommes. Ceci bouleverse notre connaissance de l’inconnaissable.