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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

« Tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je t’aime... Ne crains rien, je suis avec toi. » Ces paroles de Dieu à son peuple Israël ne s’adressent-elles pas à chacun d’entre nous ? Pour moi, elles appellent une réponse à la question de Jésus : « M’aimes-tu ? » Là est le cÅ“ur de ma relation à Dieu, à toute personne. Une relation qui donne sens à ma vie, une relation qui m’invite au service, au partage.
Qu’en est-il dans la réalité quotidienne ? Face à l’expérience de la maladie, de la souffrance ?
Quand, fatiguée, je sens mes limites de façon existentielle, ne pouvant ni prier, ni penser, ni agir ?
Quand je n’ai plus la force d’entrer en relation, de réaliser un projet ?
Quand je me sens inutile ?
Quand, devant une vie comme suspendue, surviennent l’inquiétude, le doute, le questionnement : à quoi bon ?, où est Dieu ?, Qu’est-ce qui fait sens ? Apparemment rien.
Avec l’impression d’être un automate, je m’efforce alors, malgré le ressenti, d’effectuer les gestes essentiels de la vie, d’honorer le plus possible les rendez-vous pris. Ce sont bien là de petites choses. Elles aident pourtant à tenir debout.
Après ces moments traversés, parfois longtemps après, comme Jacob, je peux dire : « Vraiment, c’est le Seigneur qui est ici et je ne le savais pas. » Sans son esprit, sa présence à travers compagnes et compagnons de route, avec mes seules forces, je n’aurais pu franchir de telles étapes.
Ce passage du vide, de l’angoisse, Jésus, lui-même l’a connu : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Il l’a assumé dans la dé-maîtrise, le don de sa vie : « Père, en tes mains, je remets mon esprit. » Son acte d’abandon est libérateur. Prenant en compte la finitude de l’homme, le caractère tragique de son existence, il transfigure souffrance et mort : elles n’auront pas le dernier mot.
La méditation de cet acte d’amour jusqu’à l’extrême m’aide à retrouver sens, à recommencer après les « passages à vide ». Si le faire, le cercle de relations se réduisent, il reste la possibilité extraordinaire de vivre l’expérience positive de la confiance, de la rencontre avec l’autre, de découvrir la fidélité de Dieu et la richesse de tout geste gratuit, d’offrir sa vie pour « la gloire de Dieu et le salut du monde », en lien avec le Christ, les communautés croyantes, l’humanité entière.