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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

Yvette et son mari ont ardemment souhaité être grands-parents. Eux même parents de trois garçons, ils espéraient bien avoir des petits-enfants, en parti- culier des petites filles et avaient un peu imaginé avec enthousiasme com- ment cela se passerait, pouvoir s’en occuper, partager du temps avec eux, voyager...
C’est Yvette qui raconte. « Avec mes propres grands-parents, les rapports étaient complètement différents de maintenant, j’étais enfant pendant la guerre, mes parents étaient commerçants, nous voyions peu nos grands parents à qui l’on nous confiait pendant les vacances. Ils étaient très gentils, mais à l’époque, il y avait beaucoup de distance entre enfants et adultes, on ne se livrait pas, on ne dialoguait pas, même si j’ai de bons souvenirs d’eux, je ne partageais pas vraiment des activités avec eux ». Mais être grands-parents en cette fin de XXième siècle cela allait changer !
« En fait les circonstances ont fait que nos rapports avec nos 5 petits enfants (3 garçons et 2 filles) ont été dépendants de leur situation géographique et…de leurs parents. Etre grands-parents c’est aussi respecter le choix de nos enfants devenus parents. Si nous avons beaucoup reçu l’une de nos petites-filles, pour les quatre autres, cela a été beaucoup moins fréquent lorsqu’ils étaient petits.
La petite-fille dont nous nous sommes beaucoup occupée, habitait près de chez nous en région parisienne, ses parents se sont séparés tôt, et nous l’avons souvent accueillie à la maison, elle a partagé des moments de vie quotidienne avec nous, était un peu com- plice avec son grand-père, ce qui a créé des liens forts, même s’ils ne se parlaient pas beaucoup, et lorsque celui-ci a été malade, et que nous n’habitions plus à côté de chez elle, elle n’a pas hésité à faire des kilomètres pour venir le voir. Nos autres petits enfants habitaient très loin (600 km), il était difficile pour nous de les avoir tous ensemble à la maison, et difficile pour leurs parents de nous les confier séparément.
Lorsque nous avons été à la retraite, nous nous sommes rapprochés géographiquement d’eux, mais nous avons constaté que cela ne suffisait pas ; les liens que l’on n’a pas tissés avec des enfants petits sont difficiles à retendre avec des adolescents. Même moins nombreux que nous l’espérions nous avons néanmoins passé de bons moments avec nos petits enfants notam ment lors de voyages offerts à chacun d’eux pour leurs 10 ans. Maintenant qu’ils sont plus grands les rapports changent, je les vois un peu plus souvent, même si les garçons parlent peu ! Avec les filles c’est un peu plus ouvert. Les uns et les autres sentent qu’avant tout je suis là pour les écouter, être disponible et non pour les « surveiller » ou les juger.
Vis-à -vis d’eux je n’ai pas la même res- ponsabilité que leurs parents, les rapports peuvent être plus détendus. De leur côté ils me stimulent, me permettent de me maintenir dans l’actuali- té, m’ouvrent sur de nouveaux domaines (je commence à recevoir et envoyer des mails !...).
.Je ne sais pas ce que je leur laisserai comme témoignage de vie, ce que je regrette parfois c’est de ne pas avoir su, ou pu, leur transmettre ma foi, leur transmettre l’amour du Christ. C’est un sujet difficile à aborder avec eux, d’abord parce que leurs parents n’ont pas tous fait le choix de leur transmettre cette foi chrétienne, ensuite parce qu’ils ont chacun des itinéraires différents, et je ne sais pas trop comment m’y prendre.
J’ai demandé à Yvette ce qu’elle aimerait dire à ses petits-enfants :
« Ce que j’aurais dû répondre à une de mes petites-filles qui me disait ne pas croire en Dieu : Tu ne crois pas en Dieu, mais Dieu croit en toi, tu es bap- tisée, tu es donc son enfant, il t’aime, ne le cherche pas dans les nuages, il est en toi ».