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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

Je me croyais légaliste, vivre ensemble c’était simple, quelques règles pour éviter l’anarchie, quelques lois pour harmoniser les rapports humains et bien évidemment que chacun respecte ces lois et ces règles.
Mais comment réagir quand la loi donne des outils à certains qui va à l’encontre de l’intérêt général ?
Comment respecter une loi, quand cette loi et ceux chargés de la faire respecter… ne respectent pas les hommes ? En ce mois de décembre deux faits viennent à nouveau me bousculer et m’interroger sur le "comment vivre ensemble."
Le premier fait concerne un bébé, un tout petit bébé, né trop tôt, fragile, ne pouvant être pris en charge dans la maternité où il est né, il doit être transféré dans un service hospitalier hautement spécialisé. Les médecins habituellement transfèrent ces bébés au plus près c’est à dire à Lyon (40 km). Mais ce jour là c’est le samedi 8 décembre. Entre la grève des transports en commun, la fête des Lumières, et la préparation des courses de Noël, la circulation de Lyon est devenue un vaste embouteillage. Pour perdre moins de temps les médecins ont jugé plus prudent de transférer ce bébé à Grenoble, même si c’est encore plus loin que Lyon, et encore moins facile pour la famille pour s’y rendre…. Les parents ont compris la décision mais l’ont trouvé bien dure. Certes ils ne remettent pas en cause le droit de grève, eux-même travaillent et ont peut être eu un jour à exprimer des revendications. Mais ce jour du 8 décembre, comme d’autres, perturbés, empêchés, gênés à des degrés divers, ils ont pensé que la loi permettant cette grève des transports se faisait à leur détriment.
Quel arbitrage, selon quels critères permettre l’expression de chacun et le respect de la vie d’autrui ?
Le deuxième fait concerne une famille de "sans papiers". Pour résumé il s’agit d’une famille de réfugiés kosovars. Les parents, persécutés dans leur pays suite à leur prise de position durant la guerre, sont arrivés en France en 2001 avec un enfant et en ont eu deux depuis. Ils ont demandé le statut de réfugié politique qui leur a été refusé, (des autres membres de cette famille ont eux obtenu ce statut, que ce soit en France ou dans un autre pays européen). En novembre 2006, la famille est arrêtée et placée en Centre de Rétention, près de Lyon en vue d’une reconduite à la frontière. Un recours est engagé auprès du Tribunal, la famille est aidée dans ses démarches par des associations. Avant que le Tribunal de Lyon ne statue sur son sort, le 2 décembre la famille est conduite à Paris, les autorités lui faisant croire que c’est là que la décision sera prise. En fait ils se retrouvent dans un avion destiné à se rendre au Kosovo. Comprenant ce qui leur arrive, les parents se débattent, des passagers, témoins de cette violence protestent et sont menottés, le tout devant les enfants… Finalement la famille est ramenée à Lyon où le lendemain elle est conduite au Palais de Justice pour y entendre le résultat de leur recours : l’arrêté d’expulsion est maintenue. A la sortie du Tribunal les personnes venues soutenir cette famille attendent. Ils attendront longtemps, ils ne les verront pas, les autorités ayant fait sortir la famille par une autre porte, conduite par avion spécial à Toulouse puis de là direction le Kosovo.
L’illégalité d’une situation (être "sans papiers") justifie t’elle de tels comportements ? Où est le respect des personnes dans cette histoire ? Comment puis je respecter une loi qui elle ne me respecte pas en tant que citoyen ? Comment dire que je ne suis pas d’accord tout en restant dans la légalité ?
Comment vivre ensemble ?
Anne