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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

Rapprocher ces deux termes pour les faire dialoguer nous impose, avant tout, d’éviter deux écueils dans lesquels nous pouvons tomber.
Le premier est de croire ou prétendre que nous pourrions au nom de notre foi apporter plus ou quelque chose dont les autres seraient privés. Tentation fréquente au nom de la vérité de notre évangile ou simplement de notre suffisance.
La seconde serait de penser que nous n’avons rien de plus que d’autre ; donc rien à dire ni à témoigner dans nos actes.
Mais alors où est l’articulation, l’enjeu du jeu ?
La première « spécificité » de l’attitude croyante est d’appeler au courage.
Certes, chrétiens, nous ne sommes ni meilleurs ni pires que les autres. Nous sommes tous plus ou moins complices de ces insoutenables et multiformes violences dans le monde soit de manière active soit par paresse ou indifférence (n’importe comment je n’y peux rien, ça ne servira à rien) ; ou même par lâcheté : la violence se nourrit de nos silences. Alors le courage c’est de devenir vrai (et non de dire la Vérité) avec soi et avec les autres ; c’est dénoncer toutes les attitudes individuelles ou collectives qui ne sont pas ce qu’elles devraient être ; c’est regarder en face la réalité en sachant que tout n’est pas possible tout de suite ; le courage est patience et prise de risque du mépris, des railleries ou ennuis plus graves.
C’est dans cet appel au courage que pour nous le visage et la vie de Jésus prennent une importance unique. Il y a un devoir de résistance devant tout ce qui est mauvais pour l’homme et l’humanité. Cette résistance, Jésus en est le témoin par toute sa vie et jusqu’à la mort. D’autres aussi direz vous ! Oui mais il est plus fort que ce qui est mauvais pour l’homme et pour en être mort s’en est retrouvé debout, vivant, par l’amour du Père. Ce dont nous pouvons être témoins au milieu des hommes c’est que nous sommes habités par un courage qui ne vient pas de nous mais nous est donné. Nous ne sommes pas des héros ou des modèles mais nous vivons d’une force dont nous ne sommes pas la source et le reconnaissons.
En second lieu nous annonçons une espérance. Certes d’autres que nous font preuve d’une belle espérance qui force notre admiration et nous soutient parfois ; c’est vrai. Mais nous savons aussi que la tentation de desespérance est forte. Là aussi nous sommes porteurs d’un message que, contre toute logique humaine, la violence n’aura pas le dernier mot. Et la pire des violences possibles c’est l’affirmation qu’un être est irrécupérable : ce qui serait prétention d’une toute puissance démoniaque. Et d’où tenons nous, chrétiens, cette affirmation d’une l’espérance à accorder à celui qui semble désespérant ? De Jésus qui n’a jamais désespéré de quiconque. Nous avons, par notre foi, à être des prophètes de l’homme à venir. Nous avons à donner un lieu et un visage à ce qui, de l’humain, n’est pas encore.