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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

Choisir le silence, même pour le repas ! Pour parler du silence monastique, j’évoquerai, cela va peut-être vous surprendre, le moment du repas. Le repas est un lieu central dans nos vies humaines : moment où on reprend des forces bien-sûr, mais aussi moment convivial, moment de partage…Ce n’est pas pour rien que l’eucharistie, source et sommet de notre vie chrétienne, est un repas. Ainsi présenté, le repas et le silence semblent antino- miques. Pourquoi alors avoir choisi le repas en silence dans la vie monastique ?
Le repas monastique est construit, lui aussi, sur le modèle de la Cène, que Jésus partagea avec ses disciples avant la Passion. Comme pour bien signifier que les moines et les moniales vivent avant tout du mystère pascal, et cela quotidiennement ! Après une prière de bénédiction, nous écoutons une lecture lue par une sœur (articles de journaux, livres en continu) ou de la musique, tandis qu’une autre sœur assure le service. Cette attitude d’écoute commune exprime une attitude fondamentale de notre vie. Il s’agit de se mettre ensemble à l’écoute de la volonté de Dieu pour construire la communauté. Ce silence est donc communion entre nous, communion avec le monde et communion avec le Christ, car Il est, par excellence, Celui qui écoute son Père et qui sert ses frères.
L’écoute, voilà peut-être, qui donne le sens du silence dans notre vie. Biensûr, comme tout à chacun, nous connaissons aussi d’autres types de si- lence : silence de colère, silence de tristesse, silence d’angoisse aussi parfois. Mais grâce à la prière (en particulier celle des psaumes), au soutien de la vie commune, le Seigneur nous rend peu à peu plus disponibles, plus à l’écoute de sa Parole et de nos frères.