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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

Vers une communauté de valeurs
Mireille Delmas-Marty , Seuil, 18€
Vers une communauté de valeurs ? Ce volume s’attache à l’examen d’une question : comment oser parler de communauté de droit à l’échelle d’une planète livrée aux affrontements, à la violence et à l’intolérance ? Et comment concevoir les contours d’une communauté de valeurs par delà la diversité des cultures et l’opposition des intérêts.
Explorant d’une part les interdits fondateurs, d’autre part les droits fondamentaux, Mireille Delmas-Marty n’entend pas éradiquer les différences mais relativiser le relativisme
Vers une Eglise de la confiance - Les communautés locales au coeur des interrogations humaines
Albert Rouet , Carole Benoist , Loïc Buthaud , Thomas Duranteau ,Ed. Bayard, 15€
Un professeur de mathématiques et deux de philosophie, un cadre financier, une théologienne et un agent d’assurance, un historien artiste et...un archevêque.
Derrière cet inventaire à la Prévert, un groupe de réflexion du diocèse de Poitiers. Un diocèse un peu particulier, caractérisé par les communautés locales initiées par Albert Rouet pour entretenir et faire fructifier la Parole de Dieu à travers une nouvelle organisation originale du territoire. Il a ainsi fait confiance à tous les baptisés dans les services et les mouvements de son diocèse. Quinze ans plus tard, ce livre s’empare des questions qui traversent l’Eglise et la société avec une vraie liberté de parole. Il diversifie les approches, stimule la réflexion, invite le Lecteur à découvrir que la liberté et la confiance permettent à chacun de manifester ses qualités pour le bien de tous..
Croyance et communauté
Jean-Daniel Causse , Henri Rey-Flaud , Ed. Bayard, 21€
Il n’y a pas de communauté sans croyance. Mais le lien entre communauté et croyance est susceptible de se modifier, de s’altérer ou de s’inverser. Epuisement, embrasement qui peuvent conduire à ces communautés maniaques, intégristes ou mélancoliques. Huit philosophes et psychanalystes débattent ici des métamorphoses contemporaines des croyances et du destin de nos communautés.
La communauté des citoyens - Sur l’idée moderne de nation
Dominique Schnapper , ed. Gallimard, folio, 7.30€
Nation. Or, la nation moderne est un projet politique singulier. Née au XVIIIe siècle en Angleterre, aux États-Unis et en France, elle a pour fonction première d’intégrer également chacun à la vie d’une communauté politique et de défendre celle-ci sur la scène internationale. Elle se veut une communauté idéale de citoyens, ne connaît que des égaux, qui partagent une langue, une histoire et une volonté de vivre ensemble ; elle ignore résolument les particularités ethniques, régionales, culturelles, linguistiques, religieuses de chacun. Quel est l’avenir de cette communauté de citoyens, quand certains se réclament de leurs particularismes ethniques leur religieux, et d’ autres confondent leurs devoirs de citoyens avec leurs droits de consommateurs ?
LES LOGIQUES DE L’EXCLUSION. Enquête sociologique au coeur des problèmes d’une communauté
John-L Scotson , Norbert Elias , Ed. Fayard, 20€
L’enquête sur les problèmes d’une cité de banlieue à la fin des années 1950 que présente ici Norbert Elias est d’une actualité surprenante car elle éclaire les débats les plus actuels sur l’exclusion. Elle met en effet au jour, de façon très concrète, le racisme sans race, l’exclusion sans fracture économique ainsi que toute une série de thèmes qui sont au cÅ“ur des préoccupations de nos sociétés contemporaines : le respect, la dignité, l’estime de soi. Dans cette petite ville d’Angleterre, formée de lotissements successifs, les tensions sont multiples entre les habitants et les nouveaux venus. Les premiers considèrent les seconds comme des étrangers qui ne partagent pas leurs valeurs et ont le sentiment qu’ils menacent leur mode de vie. Ils les tiennent à distance dans la vie courante, les écartent des lieux de décision, des associations de loisirs, des clubs et des églises. Et ce rejet se perpétue sur deux ou trois générations, entretenu par les rumeurs et les commérages. Or nul racisme ici au sens propre, nulle menace de chômage à cette époque - les uns et les autres sont des ouvriers ou des petits bourgeois et travaillent dans les mêmes usines. Ce refus de la relation à l’autre, explique Norbert Elias, est à replacer dans un contexte plus large de rapport de pouvoir : le groupe dominant reproduit sa domination - et renforce sa cohésion - en excluant les " marginaux ", cette image collective confortant à son tour l’image que chacun se fait de soi à l’intérieur du groupe. Ainsi, du côté des exclus, " ces jeunes qui, sachant qu’ils indisposaient ceux qui les traitaient en parias, trouvaient là une incitation supplémentaire, peut-être l’incitation majeure à se mal conduire ".
La Communauté illusoire
Marc Augé , Ed Rivages poche, 6€
La notion de communauté est aujourd’hui mise à toutes les sauces. C’est pourtant sur le sort qui est fait aux individus que se mesure le degré de démocratie d’une société. Aucun individu ne peut se définir par une seule appartenance « communautaire ». Identité et altérité sont intimement liées. Mais l’individu est la référence absolue à partir de laquelle peuvent se comprendre la réalité des frontières et la nécessité des relations. Une frontière n’est pas un barrage, mais un seuil ; entre individus, entre collectivités, entre langues il existe des frontières subtiles dont l’apprentissage permet de se reconnaître sans s’aliéner.Ce texte prône un existentialisme politique pour lequel l’idée de communauté et de bien commun n’existe qu’à l’état de projet. Il postule que toute éducation digne de ce nom devrait avoir pour idéal non l’enfermement dans une seule tradition mais la traversée des frontières et des cultures