| lu | ma | me | je | ve | sa | di |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 30 | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 |
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 |
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 |
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 |
| 28 | 29 | 30 | 31 | 1 | 2 | 3 |

Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

Diplômée d’une Ecole Supérieure de Commerce, j’ai exercé le métier d’acheteur plusieurs années dans différentes sociétés. Au sein de la dernière, grand groupe industriel, j’exerçais des responsabilités européennes voire mondiales. J’aimais mon travail, je m’y investissais et j’étais reconnue et appréciée.
Or j’ai eu le malheur d’avoir des enfants. Au retour de mon deuxième congé maternité, j’ai été mutée, puis dégradée. Là a commencé une longue période de harcèlement moral. Je n’ai pas voulu lâcher car je trouvais cela particulièrement injuste. Mais du jour au lendemain, on devient « nulle » pour les autres, on a tous les défauts et toutes les incompétences. Ce n’est pas facile de tenir et de garder une certaine estime de soi dans ce contexte.
Nous avons donc fait le choix d’avoir un troisième enfant. Ce fut le coup de grâce chez mon employeur, puisque j’ai été licenciée. Si au moment des faits c’était la meilleure solution, il a fallu quand même l’accepter d’autant que la société civile ne m’a pas aidée. En effet pas facile d’affronter les regards des autres parents à la sortie de l’école. Lorsque vous indiquez que vous avez été licenciée, les gens se méfient. « On est forcément mauvais, on a forcément fait une faute ! ». Le 2ème coup dur est de remplir les formulaires d’inscription en tout genre à la rentrée, au niveau de la case profession de la mère et nom de l’employeur. J’ai découvert ainsi que la reconnaissance sociale passe vraiment par le métier que l’on exerce, comme dans ma jeunesse par l’école que l’on a faite. Les mentalités n’ont pas beaucoup évolué. Pourtant ma génération des années 70, connaîtra au moins un licenciement dans sa carrière voire plus. Je me souviendrai toujours des paroles d’un député : « on paye une indemnité de chômage aux gens qui restent chez eux. Alors qu’une mère qui décide de rester à la maison pour élever ses enfants ne perçoit aucune indemnité, et doit même renoncer à son numéro de Sécurité Sociale ». Quelle reconnaissance ! Il faut avoir ensuite une sacrée volonté personnelle pour s’épanouir.
(mère de 3 enfants)