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7ème dimanche 18-19 février 2012 / Marc 2,1-12
4ème dimanche de l’Avent L’annonciation à Marie (17/18 décembre 2011)
2ème dimanche de l’Avent 4 décembre 2011
Fête de l’Assomption de la Vierge Marie 15 Août 2011
Matthieu 15, 21 – 28 14 Août 2011
Matthieu 14, 13 – 21 31 juillet 2011
Humour spirituel pour sourire et réfléchir.
Site de dessins humoristique ou didactique de Marie-Pierre et Patricia concernant les relations dans l’église et ses rapports avec la société actuelle.

Le texte à méditer aujourd’hui est proposé par le rituel des funérailles de l’Eglise catholique. Il est tiré de l’avant-dernier chapitre du livre de l’Apocalypse. Nous sommes donc à l’achèvement de la révélation contenue dans la Bible. Le mot ‘apocalypse’ ne veut pas dire malheur, catastrophe, mais il signifie révélation, dévoilement. Le mode littéraire de ce texte est une vision : il est une expression poétique et non pas une description de la réalité espérée. L’imagination poétique crée ainsi une œuvre comme peuvent être créees celles d’un peintre, d’un musicien, d’un poète. Elle est ainsi la manifestation de l’inspiration qui saisit le créateur d’une œuvre. Nos enfants - quand ils ne sont pas encore trop formatés par les jeux vidéo et par des règles de rédaction et de grammaire – savent aussi donner libre court à l’inspiration qui les traverse.
1. Moi, Jean, j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et il n’y avait plus de mer.
2. Et j’ai vu descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la cité sainte, la Jérusalem nouvelle, toute prête, comme une fiancée parée pour son époux.
3. Et j’ai entendu la voix puissante qui venait du trône divin. Elle disait : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il demeurera avec eux, et ils seront son peuple, Dieu lui-même sera avec eux.
4. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort n’existera plus. Et il n’y aura plus de pleurs, de cris, ni de tristesse. Car la première création aura disparu. »
5. Alors, celui qui siégeait sur le trône déclara : « Voici que je fais toutes choses nouvelles.
6. Je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin. Moi, je donnerai gratuitement à celui qui a soif l’eau de la source de vie :
7. Tel sera l’héritage réservé au vainqueur. Je serai son Dieu et il sera mon fils. »
Trois moments dans ce poème … et une surprise.
1. L’apparition d’un ciel nouveau et d’une terre nouvelle. Le monde tel que nous le connaissons a disparu ou a été transformé. Cette transformation concerne notamment la mer qui disparaît. Car pour les Hébreux et pour les juifs (qui ne sont pas un peuple de marins), comme pour les premiers chrétiens qui connaissent la bible, la mer est la figure du mal qui engloutit ou du mal qui déferle en détruisant tout sur son passage. C’est une menace pour l’être humain qui est un terrien. Mais, entre le ciel et la terre apparaît un lien désigné par l’image de la cité. La cité n’est pas le lieu de la barbarie ou de la sauvagerie ou de la bestialité. Pour la bible, elle est le lieu protégé de l’habitation et de la convivialité, sauf quand elle est le lieu de l’ambition orgueilleuse et obstinée de l’homme grégaire évoquée par le récit de la tour de Babel (Genèse 11). C’est le lieu où il fait bon vivre ensemble.
2. Le vivre ensemble. Le vivre entre humains et le vivre avec Dieu sont caractérisés par l’échange de la parole. Dans la bible, les animaux ne parlent pas. Seuls Dieu et l’homme parlent et entrent par cette parole dans le partage, l’échange et l’amour. (cf. notre langage d’aujourd’hui : ‘ils ne se parlent pas … ou plus !’) Alors Dieu rappelle que la première création, celle du début de la bible, a contenu des larmes et des soucis, des cris et de la tristesse ; elle a été marquée par la mort. Mais le geste nouveau de Dieu qui vient demeurer avec l’homme délivre de ces manifestations maléfiques, destructrices de l’homme et de l’humanité et difficiles à franchir.
3. Etre fils. Les mots, qui viennent de Dieu rappellent l’acte premier et l’acte dernier de Dieu, l’alpha et l’oméga qui sont la première et la dernière lettre de l’alphabet grec : acte initial de mise en route de la création première et acte final d’un achèvement de l’œuvre commencée. Ce travail de Dieu est semblable à celui d’un peintre qui reprend une toile qu’il avait composée plusieurs années auparavant, ou d’un auteur de théâtre qui reprend et mène à son terme une pièce déjà écrite. Alors, à la parole évoquée précédemment qui faisait le lien entre Dieu et l’homme s’ajoute la gratuité. Ce que Dieu fait en créant, ce n’est pas pour en tirer bénéfice ; il ne fabrique pas des gens pour qu’ils soient à genoux devant lui dans la peur et dans la dépendance ou dans une adoration imposée. Mais il suscite des êtres qui à travers les épreuves de la vie dont ils auront triomphé entrent en communion avec lui comme un enfant devient fils quand il a traversé et dépassé la dépendance paternelle et maternelle.
Voilà ce que fait Dieu ; ce qu’il fait pour nous comme pour les défunts, ceux qui nous ont précédés dans le parcours de leur existence terrestre.
4. Une surprise. Après avoir rédigé ces trois moments, j’ai été lire dans ‘la Bible de Jérusalem’ ce passage de l’Apocalypse. J’ai eu la surprise de constater que le texte cité par le rituel était amputé de son dernier verset : Verset 8 : « Mais les lâches, les renégats, les dépravés, les assassins, les impurs, les sorciers, les idolâtres, bref tous les hommes de mensonge, leur lot se trouve dans l’étang brûlant de feu et de souffre ; c’est la seconde mort. » Pourquoi cette amputation ? Est-ce pour rédiger un texte plus lisse, tellement lisse qu’il en oublie deux dimensions essentielles de l’alliance de Dieu apportée par ce verset ? L’alliance est une alliance proposée, une offre et non une réalité qui s’impose en dehors de l’adhésion libre de celui qui y est convié. Ce verset confirme le statut que le ‘fils’ acquiert parce qu’il s’y engage lui-même. Le fils n’est pas un robot gesticulant. Le fils est l’image inversée (renversée, convertie) de ‘l’homme de mensonge’. Cette expression, en effet, résume l’énumération qui la précède (les lâches, les renégats…). Car le mensonge est ce qui rend impossible toute relation réelle ; il entraîne dans l’illusion, il casse la confiance et installe dans la tromperie. Ainsi, grâce à ce verset final, le don proposé n’est pas une fable, une rêverie sans consistance ; ce don fait la vérité d’une relation réelle ; il la rend possible et consistante ; il l’arrache au mensonge et aux illusions.