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Notre rubrique "Sujet du mois" du prochain Côté Soleil aura pour thème :

« Dès que j’ai été à la retraite (je travaillais dans l’informatique), j’ai aussitôt fait une formation de tutorat social à Lyon 2. J’avais du temps libre et le désir de travailler bénévolement. C’’est alors que plusieurs familles Roms ont squatté une vieille ferme, tout à côté de chez nous. J’ai voulu les aider.
Avec ma plus proche voisine et amie nous avons bataillé pour faire accepter la présence très provisoire de ces « intrus » dans le quartier et faire scolariser les enfants. La scolarisation des enfants étant acquise, nous nous sommes attachées à aider des familles dans leurs démarches de demandes d’asile, de survie, de contact avec les diverses administrations. Deux familles, seulement, de ce squat, ont obtenu leur carte de séjour pour 10 ans et je rame encore pour obtenir la régularisation d’une troisième, la plus jeune qui a vraiment souffert de maltraitances graves en Serbie, maltraitances qui ont laissé des séquelles sévères à l’aînée des cinq filles du couple. Il y avait beaucoup de familles et d’individus visibles ou cachés dans cette maison, les Roms ont une déontologie de l’entraide admirable ou détestable, selon la tolérance et le regard du voisinage. Je pense souvent à toutes les personnes dispersées par l’expulsion, celles des squats de Surville, de Vénissieux, de Bron, la gare de l’Est, de la rue de la Claire à Vaise…Pourquoi n’y a-t-il pas d’espoir, de solutions pour les gens si courageux ?
J’ai perdu de vue un certain nombre de familles qui maintenant se débrouillent très bien toutes seules, j’ai gardé des contacts étroits avec d’autres. Je fais « du service après vente » pour Sonije et Bogdan et leurs cinq enfants : ils sont un modèle d’adaptation, mais ils ont parfois besoin de conseils …Et puis je suis devenue l’amie de Sonije !... Il reste Désimir et Biséra, qui vivent dans 27 m2 avec leurs cinq fillettes, dont l’aînée a vécu la violence extrême en Serbie et avec les deux suivantes les squats, les bidonvilles, aussi bien ici que là -bas…
Ces fillettes ont chacune un parrain* et une marraine* : mon mari et moi, pour l’aînée, deux de mes enfants et six de leurs ami(e)s se sont eux aussi portés respectivement parrains et marraines, des quatre plus jeunes. C’est le signe évident que la famille est intégrée et reconnue dans sa future vie française.
Pour faire un travail efficace sur ces dossiers des demandeurs d’asile il faut à son tour être guidé par plus au courant, mieux renseigné que soi, on y est bien conseillé(e), on y reprend le moral quand tout va mal, on aide à son tour…la vie et l’avenir de tant de personnes et d’enfants, innocents de leur sort, en dépendent. C’est pour cela que je participe aux actions de RESF ». [1]
[1] RESF : Réseau Education Sans Frontière. Pour en savoir plus et en particulier connaître l’histoire de Désimir et Biséra, : http://www.educationsansfrontieres....